Le droit d'auteur est une question difficile. Le détenteur de la propriété intellectuelle pense que ce qu'il a créé lui appartient. Quant au client, il achète un morceau de plastique (dans le cas d'un CD) ou un ensemble de pages brochées (dans le cas d'un livre). Les commerçants n'ont pas encore réussi à faire comprendre au client la notion de propriété intellectuelle. Le consommateur ne pense pas de manière très abstraite. Quand il télécharge des chansons par exemple, c'est simplement pour les écouter, non pour les posséder. L'industrie musicale et le monde de l'édition doivent trouver des solutions pour que le consommateur prenne en considération la question du copyright lors de ces téléchargements.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

Quand la qualité des logiciels sera suffisante pour que les gens puissent discuter sur le web en temps réel dans différentes langues, nous verrons tout un monde s'ouvrir à nous. Les scientifiques, les hommes politiques, les hommes d'affaires et bien d'autres groupes seront à même de communiquer immédiatement entre eux sans l'intermédiaire de médiateurs ou traducteurs.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Le papier joue encore un rôle vital dans ma vie. Pour moi, la lecture est une question de fierté culturelle. J'ai des origines irlandaises (Tim est américain, ndlr). Pour paraphraser Thomas Cahil, en Irlande la spiritualité a toujours été étroitement liée à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Ne pas pouvoir lire sur le papier me manquerait, et la lecture à l'écran est trop fatigante pour les yeux.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Je ne pense pas que le livre numérique séduise vraiment les amoureux des livres. Si l'internet est un excellent moyen d'information, les livres ne se bornent pas à cela. Ceux qui aiment les livres ont une relation personnelle avec eux. Ils les relisent, notent leurs commentaires sur les pages, s'entretiennent avec eux. Tout comme le cybersexe ne remplacera jamais le fait d'aimer une femme, le livre numérique ne remplacera jamais la lecture d'un beau texte en version imprimée.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Les concepteurs de logiciels doivent développer des logiciels activés par la voix, en ayant à l'esprit les aveugles en ce qui concerne la qualité, et l'ensemble des utilisateurs en ce qui concerne la rentabilité. Ceci est bien préférable que de limiter l'utilisation d'une technologie à la communauté des aveugles. Il existe d'innombrables exemples de technologies développées à l'origine pour des personnes ayant une déficience donnée et qui ont été profitables à tous.

= Comment définissez-vous le cyberespace?