*Entretien du 9 novembre 2000
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Le moins possible: en fait nous apprenons les poèmes par coeur et ce que nous aimons le mieux, c'est de transmettre la poésie dans sa tradition orale. Mais en vérité l'internet aussi nous paraît un peu vieillot. C'est d'un coeur à l'autre, en passant par les lèvres et l'oreille, que la poésie se propage à la vitesse de la pensée.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Cela n'a qu'une importance relative. On imprime beaucoup de bêtises sur du papier et le paysage de l'internet commence aussi à se dégrader sérieusement. Les marchands de papier (lisez "éditeurs") laisseront-ils place au marchands d'électrons par internet interposé (lisez "producteurs de contenus sur internet" (sic))? Peu nous importe. La poésie poursuit son voyage pour l'éternité.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Je n'ai aucun sentiment pour les machines. Elles ne sont même pas douces à
caresser.
Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux
aveugles et malvoyants?
L'usage de la voix bien sûr. Notre site propose bien sûr de nombreux poèmes dits et chantés à écouter.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Une toile irisée où se reflètent nos désirs insensés.