Le Mauristan est décrit dans un texte anonyme chrétien, The City of Jerusalem: “A gauche du marché sont les boutiques des bijoutiers latins, et au bout de ces boutiques on trouve un couvent de religieuses qui est appelé Sainte-Marie-la-Grande; et à côté un monastère de moines appelé Sainte-Marie-la-Latine. Ensuite vient la résidence de l’hôpital, avec son entrée principale. A la droite de l’hôpital se trouve l’entrée principale du Sépulcre.” [3]

Quand Saladin prend Jérusalem, il autorise dix Hospitaliers à rester un an pour soigner les malades de l’hôpital. Les bâtiments sont ensuite utilisés pour d’autres besoins. Le neveu de Saladin, Shihab al-Dîn, en fait à nouveau un hôpital en 1219. Le nom de Mauristan, qui signifie hôpital en kurde, date de cette époque.

Au 15e siècle, le bâtiment peut recevoir 400 pèlerins, mais il commence à tomber en ruines, des ruines qui impressionnent le voyageur Felix Fabri: “A côté du bâtiment dans lequel séjournent les pèlerins, existait autrefois un grand palais, l’habitation majestueuse des nobles chevaliers de Saint-Jean… comme cela peut encore être vu par ces ruines, et par le bâtiment qui est seulement en partie ruiné, qui est si grand que quatre cents pèlerins peuvent y vivre. En face de l’hôpital sont les ruines de vastes remparts, les restes de la maison des Chevaliers Teutoniques, avec lesquels étaient hébergés autrefois les pèlerinages de nobles allemands. A côté de cette même maison se trouvait une autre grande salle, dans laquelle devaient séjourner les femmes pèlerins, puisqu’elles n’étaient en aucun cas autorisées à vivre avec leur mari dans le grand hôpital.” [4]

Au 16e siècle, les maçons de Soliman le Magnifique utilisent les immenses ruines comme carrières pour reconstruire les remparts de Jérusalem. Plus tard, une partie de cette zone adandonnée est donnée aux Allemands, qui construisent l’Eglise du Rédempteur à l’emplacement de l’Eglise Sainte-Marie-Latine. La partie ouest est donnée aux Grecs en 1905, et ils y bâtissent leur zone commerciale.

= Portes

La Porte de Damas est ouverte dans le rempart sud de la ville. Sous la construction actuelle, datant de l’époque de Soliman le Magnifique, on trouve les fondations de la porte croisée qui suit la ligne de la porte romaine, mais qui était fortifiée. Juste après la porte elle-même, la construction croisée forme un angle droit avec la porte des remparts. Cet angle droit permettait de réduire le flot des ennemis entrant dans la ville.

Deux des trois portes visibles dans le mur sud du Mont du Temple datent de la période croisée. Ce sont la Porte Simple et la Porte Triple, portes par lesquelles les Croisés accèdent à leurs écuries, les écuries de Salomon. La Porte Simple, située à 37 m de l’angle sud-est du mur, est une construction croisée remaniée par les Mamelouks. La Porte Triple, située à 183 m de l’angle sud-ouest et à 90 m de l’angle sud-est, est une porte double hérodienne transformée à l’époque croisée.

= Notes

[1] Ses conclusions sont publiées dans: Excavations at the Citadel, in: Palestine Exploration Quarterly, avril 1940.

[2] William of Tyre. A History of Deeds Done Beyond The Sea. New York, Columbia University Press, 1943, volume 2, p. 240-245.