= Sainte-Anne

L’église Sainte-Anne, construite en 1140, est le plus bel exemple d’art roman croisé en Terre Sainte. Elle est située dans le quartier musulman de la Vieille Ville, à côté de la porte Saint-Etienne. A l’époque, elle se trouvait être au sud-est de l’église byzantine et de la piscine de Béthesda.

Selon la tradition byzantine, la crypte est située à l’endroit où habitaient Marie et ses parents Joachim et Anne. Une église est construite au milieu du 5e siècle. Elle est détruite lors du passage du calife Al-Hakim en 1009. Les Croisés construisent la belle église romane de Sainte-Anne pour commémorer la maison de la Vierge et desservir une communauté de religieuses. Bientôt trop petite pour contenir une communauté toujours croissante, la façade est repoussée de 7 mètres pour gagner de la place.

Saladin conquiert Jérusalem en 1187. Le 25 juillet 1192, il transforme l’église en école théologique musulmane appelée Salahiyeh. Au-dessus du portail d’entrée, l’inscription de 588 (1192 selon le calendrier chrétien) invoque l’aide de Dieu pour tous les croyants.

Arnold von Harff, pèlerin chrétien, visite Jérusalem à la fin du 15e siècle et force l’interdiction faite aux Chrétiens de pénétrer dans les lieux musulmans: “Nous allâmes vers l’est et arrivâmes à la Maison de Sainte Anne, dont les Chrétiens avaient fait une belle église autrefois, mais maintenant le païen (à savoir le musulman, ndlr) l’a transformé en maison de prière ou mosquée, de façon que les Chrétiens ne puissent y entrer. Mais grâce à une aide secrète nous fûmes autorisés à y entrer. Nous traversâmes le transept, et sur le côté de l’église nous grimpâmes à travers un trou étroit dans l’arcade d’une large fenêtre, forcés de porter des bougies allumées pour y voir, et nous arrivâmes dans une petite pièce voûtée où sainte Anne, la mère de notre Dame Bénie, quitta ce monde. Ensuite nous arrivâmes dans une autre pièce voûtée dans laquelle naquit notre Dame Bénie. Ici est le pardon de tous les péchés… Le jour suivant, le Mamelouk me ramena à l’église du Mont Sion, et personne ne sut que je n’avais pas passé la nuit dans la maison du Mamelouk.” [8]

Plus tard, les Turcs commencent à construire un minaret, mais ce projet est abandonné. Après la guerre de Crimée, en 1856, le Sultan Abd-al-Majid donne le site à l’Eglise catholique française, et l’église est restaurée entre 1863 et 1877. Depuis cette époque, elle est la propriété des Pères Blancs, qui fondent aussi un séminaire de théologie et un musée d’antiquités. La Guerre des Six Jours provoque quelques dégâts dont les réparations sont payées par le gouvernement d’Israël.

Le plan de l’église est cruciforme. La nef et les deux côtés du transept sont terminés par des absides, comme c’est la coutume dans les églises croisées. L’église a une largeur de 18,5 m et une longueur de 34 m. Sur le mur nord, on voit bien l’endroit à partir duquel la nef a été allongée de 7 mètres pour agrandir l’édifice.

La façade penche légèrement vers la gauche pour symboliser la tête penchée du Christ sur la croix. La crypte est plus ancienne que l’église. Les fondations des piliers se confondent avec la structure originale du sanctuaire primitif.

= Sainte-Marie-Latine

Située dans le Mauristan, l’église du Rédempteur, construite en 1898, épouse le plan de l’église croisée Sainte-Marie-Latine. Elle possède quelques vestiges croisés. La porte de l’entrée nord est médiévale. Elle est décorée des signes du Zodiaque et des symboles des mois. Dans l’hospice attenant au sud de l’église, un magnifique cloître à doubles piliers date du 11e siècle, avec une restauration de l’époque ayyubide datant du 13e siècle.