Le seigneur du lieu, Rogerius de Ikelun, apposa sa signature au bas de deux grandes chartes de l’abbaye de la Lucerne en 1162 [1].

Au 13e siècle, le patronage était certainement laïc. La dîme se partageait entre le curé, qui en recevait la plus grande partie, l’abbaye du Montmorel et la léproserie Saint-Blaise de Champeaux. Le Pouillé cité par Léopold Delisle (1251-1279 environ) mentionne ceci: “Ecclesia de Yquelon-Patronus… Rector percipit totum exceptis VII busselis frumenti quos reddit abbati de Monte Morelli et leprosis Sancti Blasii II quarteris frumenti et luminari ecclesiae unum quarterium frumenti. Et valet XXXIII libras.”[2]

Sise à Poilley, près de Ducey, l’abbaye du Montmorel était une abbaye de l’ordre
des Augustins, qui fut détruite à la Révolution. Située dans la paroisse de
Champeaux, à la lisière de la forêt de Bevais, la léproserie Saint-Blaise de
Champeaux fut fondée par Henri II Plantagenêt et dotée par Guillaume de
Saint-Jean. Elle vit ses biens réunis à l’Hôtel-Dieu d’Avranches en 1696. [3]

Le Pouillé de 1332 cité par Auguste Longnon mentionne Guillermus Courée pour seigneur patron: "Guillermus Courée est patronus ecclesie de Yquelon." [4]

= La pierre tombale du 12e siècle

En 1885, on découvrit dans le cimetière au nord de l’église une pierre tombale en pierre calcaire tendre datant du 12e siècle.

En 1886, M. de Lomas la décrit ainsi: "La pierre tombale supporte un chevalier en relief représenté les mains jointes, la tête appuyée sur un oreiller et ayant un lévrier à ses pieds. Il est vêtu d’une tunique qui ne dépasse pas les genoux; cette tunique est serrée à la taille au moyen d’un ceinturon auquel est pendue une épée. Un bandeau large de quatre centimètres est noué ou attaché derrière la tête et retient une pièce d’étoffe qui sert de coiffure. Deux boucles de cheveux couvrent les tempes. Les détails de l’ornementation, du costume et de la coiffure permettent d’assigner le 12e siècle comme date de l’exécution de cette pierre tombale. Elle ne porte ni indication de nom, ni indication d’année; il serait par conséquent impossible de déterminer le personnage dont elle recouvrait les restes. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il appartenait à la puissante famille d’Yquelon dont un des membres, Roger d’Yquelon, apposa sa signature au bas de deux grandes chartes de l’abbaye de la Luzerne (devenue ensuite la Lucerne, ndlr), en 1162." [5]

En février 1893, cette pierre tombale fut encastrée dans un enfeu présent dans le mur nord de la nef de l’église. Sa longueur – 2,15 mètres - correspond exactement à celle de la pierre tombale. Sans doute l’avait-il primitivement recueillie, avant que la pierre tombale ne soit enterrée dans le cimetière, peut-être au moment de la Révolution française.

#L’église

= Le plan