Russon Wooldridge, professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto: "Si on veut parler de 'société' il ne peut pas être question d'une opposition 'haves' vs. 'have-nots' (munis vs. démunis), sauf dans la mesure où l'accès à l'information est plus ou moins libre ou limité d'un point de vue technologique ou économique, voire politique. Par exemple, l'accès à l'information en ligne est plus libre au Canada qu'en France, plus libre en France qu'en Algérie, etc. Internet est potentiellement un moyen pour que chacun puisse s'approprier son propre contrôle de l'information, qui n'est plus diffusée par les seuls canaux dirigistes, comme l'Edition ou l'Université, entre autres."
= La société de l'information vue par les spécialistes du numérique
Olivier Pujol, PDG de Cytale et promoteur du Cybook, livre électronique, la définit comme "une société où l'accès à l'information, l'information elle-même et la capacité à bien utiliser l'information sont des biens plus précieux que les biens matériels. Il faut noter que l'information a toujours été un avantage professionnel considérable. Il fut un temps où un avantage concurrentiel pouvait exister sur un territoire limité, et être protégé pour un temps long, par le secret, ou l'ignorance des autres. Les voyages, la mondialisation des échanges, la performance de la logistique ont énormément affaibli la notion de protection 'géographique' d'un avantage concurrentiel. La société de l'information est une société où la protection de l'information est presque impossible, et où son usage devient donc la valeur essentielle."
Pierre Schweitzer, architecte designer et concepteur d'@folio, support numérique de lecture nomade: "J'aime bien l'idée que l'information, ce n'est que la forme des messages. La circulation des messages est facilitée, techniquement, et elle s'intensifie. Et désormais, le monde évolue avec ça."
François Vadrot, PDG de FTPress, société de cyberpresse, définit la société de l'information comme "une société dont l'information est le moteur, dans tous les sens du terme".
19. EXPERIENCES ET SOUVENIRS
[Dans ce chapitre:]
[19.1. Les auteurs et l'internet // 19.2. Les bibliothécaires- documentalistes et l'internet // 19.3. Les concepteurs d'appareils de lecture et l'internet // 19.4. Les créateurs de sites littéraires et l'internet // 19.5. Les éditeurs et l'internet // 19.6. Les gestionnaires et l'internet // 19.7. Les libraires et l'internet // 19.8. Les linguistes et l'internet // 19.9. Les professeurs et l'internet]
Plutôt que de rédiger une conclusion, difficile à envisager pour un sujet aussi neuf, on préfère laisser la parole aux professionnels du livre cités tout au long de ces pages. Tous utilisent l'internet depuis plusieurs années. Beaucoup ont un souvenir particulièrement marquant lié au réseau, que celui-ci soit bon ou mauvais, ou alors une expérience particulièrement marquante, que celle-ci soit positive ou négative. Quels sont ces souvenirs et ces expériences?
19.1. Les auteurs et l'internet