Des dictionnaires de langues sont en accès libre dès les débuts du web. Ils sont répertoriés dans Travlang, un site consacré aux voyages et aux langues créé en 1994 par Michael M. Martin. Mais ces dictionnaires sont le plus souvent sommaires et de qualité inégale.

Fin 1997, la société de traduction Logos décide de mettre en ligne les outils destinés à ses traducteurs. Tous sont en accès libre. Le Logos Dictionary est un dictionnaire multilingue de 8 millions d’entrées. Constituée à partir de milliers de traductions, notamment des romans et des documents techniques, la Wordtheque est une base de données multilingue regroupant 710 millions de mots. Linguistic Resources offre un point d’accès unique à plus de 1.000 glossaires. L’Universal Conjugator propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues différentes.

De très bons dictionnaires bilingues et multilingues sont progressivement mis en ligne par des organismes réputés, par exemple Eurodicautom par la Commission européenne, ou encore Le Signet et le Grand dictionnaire terminologique (GDT) par l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Géré par le service de traduction de la Commission européenne, Eurodicautom est un dictionnaire multilingue de termes économiques, scientifiques, techniques et juridiques, avec une moyenne de 120.000 consultations quotidiennes. En accès libre, il permet de combiner entre elles les onze langues officielles de l’Union européenne (allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, français, grec, hollandais, italien, portugais et suédois), ainsi que le latin. Fin 2003, Eurodicautom devrait être intégré dans une base terminologique plus vaste regroupant les bases de plusieurs institutions de l’Union européenne. Cette nouvelle base traiterait non plus douze langues, mais une vingtaine, puisque l’Union européenne passe de 15 à 25 Etats membres. Reste à savoir si l’accès à la future base sera gratuit ou payant.

Géré par l’Office québécois de la langue française (OQLF), Le Signet propose 10.000 fiches bilingues français-anglais dans le secteur des technologies de l’information. Le Signet est également intégré au Grand dictionnaire terminologique (GDT), mis en ligne en septembre 2000. En accès libre, le GDT est un gigantesque dictionnaire bilingue français-anglais de 3 millions de termes du vocabulaire industriel, scientifique et commercial. Il représente l’équivalent de 3.000 ouvrages de référence imprimés. Sa mise en ligne est le résultat d’un partenariat entre l’Office québécois de la langue française (OQLF), auteur du dictionnaire, et Semantix, société spécialisée dans les solutions logicielles linguistiques. Evénement célébré par de très nombreux linguistes, cette mise en ligne est un succès sans précédent. Dès le premier mois, ce dictionnaire est consulté par 1,3 millions de personnes, avec des pointes de 60.000 requêtes quotidiennes. La gestion de la base est ensuite assurée par Convera Canada. En février 2003, les requêtes sont au nombre de 3,5 millions par mois. Une nouvelle version du GDT est mise en ligne en mars 2003. Sa gestion est désormais assurée par l’OQLF lui-même, et non plus par une société prestataire.

Par ailleurs, des moteurs spécifiques permettent la recherche simultanée dans plusieurs centaines de dictionnaires. Pour ne prendre qu’un exemple, le site OneLook, créé par Robert Ware, puise dans plus de 5 millions de mots émanant de 950 dictionnaires dans plusieurs langues, aussi bien généralistes que spécialisés.

Des équipes de linguistes gèrent aussi des répertoires de dictionnaires, par exemple Dictionnaires électroniques et yourDictionary.com.

Géré par la section française des services linguistiques centraux de l’Administration fédérale suisse, Dictionnaires électroniques est un excellent répertoire de dictionnaires monolingues (français, allemand, italien, anglais, espagnol), bilingues et multilingues en accès libre sur le web. Ce répertoire est complété par des listes d’abréviations et acronymes et des répertoires géographiques, essentiellement des atlas. Responsable de la section française des services linguistiques, Marcel Grangier précise en janvier 2000: "Les Dictionnaires électroniques ne sont qu’une partie de l’ensemble, et d’autres secteurs documentaires ont trait à l’administration, au droit, à la langue française, etc., sans parler des informations générales. (…) Conçu d’abord comme un service intranet, notre site web se veut en premier lieu au service des traducteurs opérant en Suisse, qui souvent travaillent sur la même matière que les traducteurs de l’Administration fédérale, mais également, par certaines rubriques, au service de n’importe quel autre traducteur où qu’il se trouve. (…) Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible. Au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable d’informations dans ce que j’appellerais le 'secteur non structuré' de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu’aucun site comportant de l’information organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plupart des cas de retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau."

Réputé lui aussi pour sa qualité, yourDictionary.com est co-fondé par Robert Beard en 1999, dans le prolongement de son ancien site, A Web of Online Dictionaries, créé dès 1995. Ce portail de référence répertorie plus de 1.800 dictionnaires dans 250 langues différentes, ainsi que de nombreux outils linguistiques: vocabulaires, grammaires, glossaires, méthodes de langues, etc. Soucieux de servir toutes les langues sans exception, yourDictionary.com gère aussi l’Endangered Language Repository, une section importante consacrée aux langues menacées d’extinction.

Publiée par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics), l’encyclopédie Ethnologue: Languages of the World existe à la fois en version web (gratuite), sur CD-Rom et sur papier (tous deux payants). Barbara Grimes, sa directrice de publication entre 1971 et 2000 (8e-14e éditions), relate en janvier 2000: "Il s’agit d’un catalogue des langues dans le monde, avec des informations sur les endroits où elles sont parlées, une estimation du nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique à laquelle elles appartiennent, les autres termes utilisés pour ces langues, les noms de dialectes, d’autres informations socio-linguistiques et démographiques, les dates des Bibles publiées, un index des noms de langues, un index des familles linguistiques et des cartes géographiques relatives aux langues." Cette encyclopédie répertorie 6.800 langues selon plusieurs critères (pays, nom de la langue, code de la langue attribué par le SIL, famille de langues), avec un moteur de recherche unique.