Brian King, directeur du WorldWide Language Institute, explique en septembre 1998: «Une grande partie de la terminologie technique disponible sur le web n'est pas encore traduite dans d'autres langues [que l’anglais]. Et, comme nous nous en sommes rendus compte dans NetGlos, la traduction de ces termes n'est pas toujours facile. Avant qu'un nouveau terme ne soit accepté comme le terme correct, il y a une période d'instabilité avec plusieurs candidats en compétition. Souvent un terme emprunté à l'anglais est le point de départ et, dans de nombreux cas, il est aussi le point d'arrivée. Finalement émerge un vainqueur qui est ensuite utilisé aussi bien dans les dictionnaires techniques que dans le vocabulaire quotidien de l'usager non spécialiste. La dernière version de NetGlos est la version russe, et elle devrait être disponible dans deux semaines environ [à savoir fin septembre 1998]. Elle sera sans nul doute un excellent exemple du processus dynamique en cours pour la russification de la terminologie du web.»

Quelles sont les perspectives? «La technologie change à une allure frénétique. L'apprentissage durant toute la vie est une stratégie que nous devons tous adopter si nous voulons rester en tête et être compétitifs. C'est une tâche qui est déjà assez difficile dans un environnement anglophone. Si nous ajoutons à cela la complexité apportée par la communication dans un cyberespace multilingue et multiculturel, la tâche devient encore plus astreignante. Probablement davantage encore que par le passé, la coopération est aussi indispensable que la concurrence. Les germes d'une coopération par le biais de l'internet existent déjà. Notre projet NetGlos dépend du bon vouloir de traducteurs volontaires dans de nombreux pays: Canada, États-Unis, Autriche, Norvège, Belgique, Israël, Portugal, Russie, Grèce, Brésil, Nouvelle- Zélande, etc. À mon avis, les centaines de visiteurs qui consultent quotidiennement les pages de NetGlos constituent un excellent témoignage du succès de ce type de relations de travail. Les relations de coopération s'accroîtront encore à l'avenir, mais pas nécessairement sur la base du volontariat.»

1995 > PLUSIEURS LANGUES SUR NOTRE ÉCRAN

[Résumé] Comment se débrouiller pour afficher plusieurs langues à l’écran? Yoshi Mikami, informaticien à Fujisawa (Japon), lance d’abord un site web en décembre 1995 avant d’écrire le premier livre sur le sujet en août 1997. Son site bilingue anglais-japonais «The Languages of the World by Computers and the Internet» est plus connu sous le nom de Kotoba Home Page ou Logos Home Page (à ne pas confondre avec le site de la société de traduction Logos, lancé deux ans plus tard). La Kotoba Home Page donne un bref historique de chaque langue, ses caractéristiques, sa phonétique, son jeu de caractères et son encodage informatique. Fort de cette expérience, Yoshi Mikami co-écrit ensuite (avec Kenji Sekine et Nobutoshi Kohara) le premier livre sur le sujet, «Pour un web multilingue», publié en japonais par les éditions O’Reilly en août 1997 avant d'être traduit l’année suivante en anglais, en allemand et en français.

***

Comment se débrouiller pour afficher plusieurs langues à l’écran? Yoshi Mikami lance d’abord un site web en décembre 1995 avant de publier le premier livre au monde sur le sujet en août 1997.

Yoshi Mikami, qui travaille à l’époque comme informaticien chez
Asia Info Network à Fujisawa (Japon), lance le site bilingue
anglais-japonais «The Languages of the World by Computers and the
Internet», plus connu sous le nom de Logos Home Page ou Kotoba
Home Page. Fort de cette expérience, il co-écrit ensuite (avec
Kenji Sekine et Nobutoshi Kohara) le premier livre sur le sujet,
«Pour un web multilingue», publié en japonais par les éditions
O’Reilly Media en août 1997 avant d'être traduit l’année suivante
en anglais, en allemand et en français.

Yoshi raconte en décembre 1998: «Ma langue maternelle est le japonais. Comme j'ai suivi mes études de troisième cycle aux États-Unis et que j'ai travaillé dans l'informatique, je suis devenu bilingue japonais/anglais américain. J'ai toujours été intéressé par différentes langues et cultures, aussi j'ai appris le russe, le français et le chinois dans la foulée. À la fin de 1995, j'ai créé sur le web "The Languages of the World by Computers and the Internet" et j'ai tenté de donner - en anglais et en japonais - un bref historique des six principales langues utilisées sur l’internet, ainsi que les caractéristiques propres à chaque langue, sa phonétique, son jeu de caractères et son encodage informatique. Suite à l'expérience acquise, j'ai invité mes deux associés à écrire un livre sur la conception, la création et la présentation de pages web multilingues, livre qui fut publié en août 1997 dans son édition japonaise, le premier livre au monde sur un tel sujet.»

Plus généralement, «il y a des milliers d'années de cela, en Égypte, en Chine et ailleurs, les gens étaient plus sensibles au fait de communiquer leurs lois et leurs réflexions non seulement dans une langue mais dans plusieurs. Dans notre monde moderne, chaque État a le plus souvent adopté une seule langue de communication. À mon avis, l'internet verra l'utilisation plus grande de langues différentes et de pages multilingues - et pas seulement une gravitation autour de l'anglais américain - et un usage plus créatif de la traduction informatique multilingue. 99% des sites web créés au Japon sont en japonais!»

1995 > GLOBAL REACH, POUR LOCALISER LES SITES WEB