Cinq ans plus tard, en août 2007, Pierre poursuit patiemment sa croisade pour promouvoir son projet. «Il s’agit d’offrir un support de lecture efficace aux textes qui n’en ont pas, ceux qui sont accessibles sur le web. Avec @folio, je reste persuadé qu’un support de lecture transportable qui serait à la fois simple et léger, annotable et effaçable, à bas coût, respectueux de la page et de nos traditions typographiques, pourrait apporter un supplément de confort appréciable à tous les usagers du texte numérique. Une ardoise dont on pourrait feuilleter l’hypertexte à main nue, en lieu et place de l’imprimante…»

En quoi la technologie utilisée est-elle différente de celle des autres tablettes du marché? «La technologie d'@folio est inspirée du fax et du classeur à onglets. La mémoire flash est imprimée comme Gutenberg imprimait ses livres. Ce mode fac-similé ne nécessite aucun format propriétaire, il est directement lisible à l'oeil nu. Le fac-similé est un mode de représentation de l'information robuste, pérenne, adaptable à tout type de contenu (de la musique imprimée aux formules de mathématique ou de chimie) sans aucune adaptation nécessaire. C'est un mode de représentation totalement ouvert et accessible à tous: il supporte l'écriture manuscrite, la calligraphie, les écritures non alphabétiques, et le dessin à main levée, toutes choses qui sont très difficiles à faire à l'aide d'un seul outil sur un ordinateur ou un "ebook" classique. Cette conception technique nouvelle et très simplifiée permet de recueillir une grande variété de contenus et surtout, elle permet un prix de vente très raisonnable (100 euros pour le modèle de base) dans différentes combinaisons de formats (tailles d'écran) et de mémoire (nombre de pages) adaptées aux différentes pratiques de lecture.»

Outre cette technologie novatrice, quel serait l'avantage de la lecture sur @folio? «La simplicité d'usage, l'autonomie, le poids, le prix. Quoi d'autre? La finesse n'est pas négligeable pour pouvoir être glissé presque n'importe où. Et l'accès immédiat aux documents - pas de temps d'attente comme quand on "allume" son ordinateur portable: @folio ne s'allume jamais et ne s'éteint pas, la dernière page lue reste affichée et une simple pression sur le bord de l'écran permet de remonter instantanément au sommaire du document ou aux onglets de classement.»

À la même date, en août 2007, la revue en ligne anglophone TeleRead fait l'éloge du projet @folio en intitulant l'article «Pierre Schweitzer's Dream» (Le rêve de Pierre Schweitzer). Plusieurs spécialistes anglophones, et non des moindres (David Rothman, Mike Cook, Ellen Hage), rendent hommage à la persévérance de Pierre en espérant voir son projet commercialisé un jour.

1996 > LES ÉDITIONS DU CHOUCAS SUR LA TOILE

[Résumé] Basé en Haute-Savoie, le Choucas est une petite maison d'édition spécialisée dans les romans policiers, la littérature, la photographie et les livres d'art. Le Choucas voit le jour en 1992 sous la houlette de Nicolas et Suzanne Pewny. Au prix d'un grand nombre de nuits sans sommeil, Nicolas Pewny crée lui-même le site web du Choucas en novembre 1996. Les manuscrits affluent par courriel. Les corrections apportées aux livres, les illustrations et l’envoi des documents à l'imprimeur se font aussi par courriel. Le Choucas cesse malheureusement ses activités en mars 2001, une disparition de plus à déplorer chez les petits éditeurs indépendants. Nicolas Pewny devient ensuite consultant en édition électronique et met ses compétences au service d'autres organismes.

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Né en 1992, le Choucas est une petite maison d’édition haut-savoyarde spécialisée dans les romans policiers, la littérature, la photographie et les livres d’art, avec un site web dès 1996.

Le Choucas voit le jour sous la houlette de Nicolas et Suzanne Pewny. En juin 1998, Nicolas raconte: «Le site des éditions du Choucas a été créé fin novembre 1996. Lorsque je me suis rendu compte des possibilités qu’internet pouvait nous offrir, je me suis juré que nous aurions un site le plus vite possible. Un petit problème: nous n’avions pas de budget pour le faire réaliser. Alors, au prix d’un grand nombre de nuits sans sommeil, j’ai créé ce site moi-même et l’ai fait référencer (ce n’est pas le plus mince travail). Le site a alors évolué en même temps que mes connaissances (encore relativement modestes) en la matière et s’est agrandi, et a commencé à être un peu connu même hors de France et de l’Europe.»

# Un changement considérable