L'idée du copyleft est lancée dès 1984 par Richard Stallman, ingénieur en informatique et défenseur du mouvement Open Source au sein de la Free Software Foundation (FSF). Conçu à l’origine pour les logiciels, le copyleft est formalisé par la GPL (General Public License) et étendu par la suite à toute oeuvre de création. Il contient la déclaration normale du copyright affirmant le droit d'auteur, mais son originalité est de donner au lecteur le droit de librement redistribuer le document et de le modifier. Le lecteur s’engage toutefois à ne revendiquer ni le travail original, ni les changements faits par d’autres personnes. De plus, tous les travaux dérivés de l’oeuvre originale sont eux-mêmes soumis au copyleft.

# La Creative Commons

Lancée en 2001 à l'initiative de Lawrence «Larry» Lessig, professeur de droit à la Stanford Law School, en Californie, la licence Creative Commons a elle aussi pour but de favoriser la diffusion d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. L'organisme du même nom propose des licences-type, qui sont des contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur l'internet. Simplement rédigées, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires des droits d'autoriser le public à utiliser leurs créations tout en ayant la possibilité de restreindre les exploitations commerciales et les oeuvres dérivées et d’autoriser ou non la reproduction et la rediffusion de leurs œuvres, par exemple. Ces contrats peuvent être utilisés pour tout type de création: texte, film, photo, musique, site web, etc. Finalisée en février 2007, la version 3.0 de la Creative Commons instaure une licence internationale et la compatibilité avec d'autres licences similaires, dont le copyleft et la GPL.

# Qui utilise la licence Creative Commons?

O’Reilly Media par exemple. Fondé par Tim O’Reilly en 1978, O’Reilly Media est un éditeur réputé de manuels informatiques et de livres sur les technologies de pointe. L'éditeur offre d’abord une formule de «copyright ouvert» pour les auteurs qui le souhaitent ou pour des projets collectifs. En 2003, il privilégie le Creative Commons Founders’ Copyright permettant d’offrir des contrats flexibles de droit d’auteur à ceux qui veulent également diffuser leurs oeuvres sur le web.

La Public Library of Science (PLoS) utilise la licence Creative Commons pour les articles de ses périodiques scientifiques et médicaux en ligne gratuits, lancés à partir de 2003. Les articles peuvent être librement diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.

Wikipédia utilise une licence Creative Commons pour les articles de cette grande encyclopédie collaborative en ligne lancée en 2001 et rédigée par des milliers de contributeurs.

Une licence Creative Commons est utilisée pour un million d'oeuvres en 2003, 4,7 millions d'oeuvres en 2004, 20 millions d'oeuvres en 2005, 50 millions d'oeuvres en 2006, 90 millions d'oeuvres en 2007, 130 millions d'oeuvres en 2008 et 350 millions d'oeuvres en avril 2010.

2003 > LA PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE

[Résumé] Fondée en octobre 2000, la Public Library of Science (PLoS) devient en janvier 2003 un éditeur de périodiques scientifiques et médicaux en ligne gratuits de haut niveau. Une équipe éditoriale est constituée pour lancer les deux premiers titres - PLoS Biology en octobre 2003 puis PLoS Medicine en 2004 - selon un nouveau modèle d'édition en ligne basé sur la diffusion libre du savoir. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials est lancé en mai 2006. PLoS Neglected Tropical Diseases voit le jour à l’automne 2007 en tant que première publication scientifique consacrée aux maladies tropicales négligées. Tous les articles peuvent être diffusés et réutilisés ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule contrainte étant la mention des auteurs et de la source.