Luc Dall’Armellina, co-auteur et webmestre de l'espace d’écritures hypermédias oVosite, écrit à la même date: «La couverture du réseau autour de la surface du globe resserre les liens entre les individus distants et inconnus. Ce qui n’est pas simple puisque nous sommes placés devant des situations nouvelles : ni vraiment spectateurs, ni vraiment auteurs, ni vraiment lecteurs, ni vraiment interacteurs. Ces situations créent des nouvelles postures de rencontre, des postures de "spectacture" ou de "lectacture" (Jean-Louis Weissberg). Les notions de lieu, d’espace, de temps, d’actualité sont requestionnées à travers ce médium qui n’offre plus guère de distance à l’événement mais se situe comme aucun autre dans le présent en train de se faire. L’écart peut être mince entre l’envoi et la réponse, parfois immédiat (cas de la génération de textes).
Mais ce qui frappe et se trouve repérable ne doit pas masquer les aspects encore mal définis tels que les changements radicaux qui s’opèrent sur le plan symbolique, représentationnel, imaginaire et plus simplement sur notre mode de relation aux autres. "Plus de proximité" ne crée pas plus d’engagement dans la relation, de même "plus de liens" ne créent pas plus de liaisons, ou encore "plus de tuyaux" ne créent pas plus de partage. Je rêve d’un internet où nous pourrions écrire à plusieurs sur le même dispositif, une sorte de lieu d’atelier d’écritures permanent et qui autoriserait l’écriture personnelle (c’est en voie d’exister), son partage avec d’autres auteurs, leur mise en relation dans un tissage d’hypertextes et un espace commun de notes et de commentaires sur le travail qui se crée.»
En janvier 2007, Jean-Paul fait à nouveau le point sur son activité d’«entoileur» du site hypermédia cotres.net: «J’ai gagné du temps. J’utilise moins de logiciels, dont j’intègre le résultat dans Flash. Ce dernier m’assure de contrôler à 90% le résultat à l’affichage sur les écrans de réception (au contraire de ceux qui préfèrent présenter des oeuvres ouvertes, où l’intervention tantôt du hasard tantôt de l’internaute est recherchée). Je peux maintenant me concentrer sur le cœur de la chose: l’architecture et le développement du récit. (…) Les deux points forts des trois ou quatre ans à venir sont: (1) la généralisation du très haut débit (c’est-à-dire en fait du débit normal), qui va m’affranchir des limitations purement techniques, notamment des soucis de poids et d’affichage des fichiers (mort définitive, enfin, des histogrammes de chargement); (2) le développement de la 3 D. C’est le récit en hypermédia (= le multimédia + le clic) qui m’intéresse. Les pièges que pose un récit en 2 D sont déja passionnants. Avec la 3 D, il va falloir chevaucher le tigre pour éviter la simple prouesse technique et laisser la priorité au récit.»
5.4. Chronologie
* Cette chronologie ne prétend pas à l’exhaustivité.
1997 (mai): Poésie d’hier et d’aujourd’hui, site de Silvaine Arabo.
1997 (juin): oVosite, espace d’écriture créé par un collectif.
1997 (août): Non_roman, roman multimédia de Lucie de Boutiny.
1998 (février): You Have a Friend, mail-roman de Barry Beckham.
1998 (mars): Premier roman «interactif» francophone.