[7.1. Bibliothèques numériques / Premiers pas / Numérisation: mode texte ou image / ABU et Athena / Bibliothèque électronique de Lisieux / Gallica / Online Books Page // 7.2. Bibliothèques traditionnelles / ARPALS, en milieu rural / Cyberespace des Nations Unies / Enluminures de la Bibliothèque de Lyon / Gabriel, serveur européen / De la conservation à la communication // 7.3. Du bibliothécaire au cyberthécaire / Bibliothécaires et internet / Quelques expériences // 7.4. Dans la lignée de Handicapzéro/ Premiers pas / Bookshare.org / Handicapzéro / Bibliothèque numérique pour le Handicap // 7.5. Une future bibliothèque planétaire / Google Book Search - Google Livres / Open Content Alliance / Autres initiatives // 7.6. Chronologie]
«Qu’il me suffise, pour le moment, de redire la sentence classique: "La bibliothèque est une sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque, et dont la circonférence est inaccessible."» Cette citation de Jorge Luis Borges peut tout aussi bien définir la bibliothèque numérique. La numérisation du patrimoine mondial est en cours, d'abord pour le texte, et ensuite pour l’image et le son, avec la mise en ligne de centaines puis de milliers d’oeuvres du domaine public, de publications littéraires et scientifiques, d’articles, d’images, de bandes sonores et de films. Nombre d’entre eux sont en accès libre. En 2005, le mouvement va en s’amplifiant avec l’entrée en lice des géants de l’internet pour la constitution d’une bibliothèque planétaire.
7.1. Bibliothèques numériques
= Premiers pas
Objectif poursuivi par des générations de bibliothécaires, la diffusion d’oeuvres du domaine public devient enfin possible à vaste échelle dans les années 1990, puisque les livres peut désormais être convertis en fichiers électroniques et transiter via l’internet.
Si certaines bibliothèques numériques naissent directement sur le web, la plupart émanent de bibliothèques traditionnelles. En 1996, la Bibliothèque municipale de Lisieux (Normandie) lance la Bibliothèque électronique de Lisieux, qui offre les versions numériques d'oeuvres littéraires courtes choisies dans les collections municipales. En 1997, la Bibliothèque nationale de France (BnF) crée Gallica qui, dans un premier temps, propose des images et textes du 19e siècle francophone. Une sélection de 3.000 livres est complétée par un échantillon de la future iconothèque numérique. En 1998, la Bibliothèque municipale de Lyon met les enluminures de 200 manuscrits et incunables à la disposition de tous sur son site web. Trois exemples parmi tant d’autres.
Les bibliothèques numériques permettent à un large public d’avoir accès à des documents difficiles à consulter parce qu’appartenant à des fonds anciens, locaux, régionaux ou spécialisés. Ces fonds sont souvent peu accessibles pour des raisons diverses: souci de conservation des documents rares et fragiles, heures d’ouverture réduites, nombreux formulaires à remplir, longs délais de communication, pénurie de personnel, qui sont autant de barrières à franchir et demandent souvent au lecteur une patience à toute épreuve et une détermination hors du commun pour arriver jusqu’au document.
Grâce à la bibliothèque numérique, la bibliothèque traditionnelle peut enfin rendre compatibles deux objectifs qui jusque-là ne l’étaient guère, à savoir la conservation des documents et la communication de ceux-ci. D’une part le document ne quitte son rayonnage qu’une seule fois pour être scanné, d’autre part le grand public y a enfin accès. Si le lecteur souhaite consulter le document original, il pourra se lancer dans le parcours évoqué plus haut, mais en connaissance de cause, grâce au «feuilletage» préalable à l’écran.
Selon la British Library, la bibliothèque numérique peut être définie comme une entité résultant de l’utilisation des technologies numériques pour acquérir, stocker, préserver et diffuser des documents. Ces documents sont soit publiés directement sous forme numérique, soit numérisés à partir d’un document imprimé, audiovisuel ou autre. Une collection numérique devient une bibliothèque numérique si elle répond aux quatre critères suivants: 1) elle peut être créée et produite dans un certain nombre d’endroits différents, mais elle est accessible en tant qu’entité unique; 2) elle doit être organisée et indexée pour un accès aussi facile que possible à partir du lieu où elle est produite; 3) elle doit être stockée et gérée de manière à avoir une existence assez longue après sa création; 4) elle doit trouver un équilibre entre le respect du droit d’auteur et les exigences universitaires.
Dans Information Systems Strategy, un document disponible sur le site de la British Library en 1997, Brian Lang, directeur de projet, explique que la future bibliothèque numérique de la British Library n’est pas envisagée comme un secteur à part, mais qu’elle fera partie intégrante d’une vision globale de la bibliothèque. Si d’autres bibliothèques pensent que les documents numériques prédomineront dans les bibliothèques du futur, la British Library n’envisage pas une bibliothèque exclusivement numérique. Elle considère comme fondamentale la communication physique des imprimés, manuscrits, partitions musicales, bandes sonores, etc., tout en ayant conscience de la nécessité du développement parallèle de collections numériques.