Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothèque nationale du Canada (qui utilise CAN/MARC) décident d’harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un programme de trois ans (décembre 1995 - décembre 1998) permet de mettre au point un format MARC commun aux trois bibliothèques.

Parallèlement, en 1996, dans le cadre de son Programme des bibliothèques, la Commission européenne promeut l’utilisation du format UNIMARC comme format commun d’échange entre tous les formats MARC utilisés dans les pays de l'Union européenne. Le groupe de travail correspondant étudie aussi les problèmes posés par les différentes polices de caractères, ainsi que la manière d’harmoniser le format bibliographique, tout comme le format du document lui-même pour les documents disponibles en ligne.

A la fin des années 1990, de plus en plus de catalogues sont disponibles sur le web, moyennant une interface spécifique. L’usager a souvent le choix entre deux types de recherche, simple et avancée, et il peut sélectionner plusieurs critères complémentaires tels que le nombre de notices souhaitées ou bien le mode de classement. A réception du résultat, il dispose de plusieurs pages de notices abrégées ou complètes. Les notices sélectionnées peuvent être copiées, imprimées, sauvegardées ou bien envoyées par courriel. Des liens hypertextes permettent de passer facilement d’une requête à l’autre.

Ces catalogues utilisent le protocole Z39.50, un standard de communication permettant de chercher et récupérer des informations bibliographiques dans des bases de données en ligne. Ce protocole est d'abord utilisé par le WAIS (wide area information servers), un système de recherche créé au début des années 1990 pour consulter les index de bases de données situées sur des serveurs consultables à distance, avant l'apparition des moteurs de recherche sur le web. La version du Z39.50 en cours (norme ISO 23950: 1998) est utilisée par les grands catalogues de bibliothèques disponibles sur le web, notamment par celui de la Library of Congress. Ce protocole est également promu par la Commission européenne pour favoriser son utilisation dans les pays de l’Union européenne.

Tous deux en accès libre, les catalogues de la British Library et de la Library of Congress sont d’excellents outils bibliographiques à l’échelon mondial. En mai 1997, la British Library lance son OPAC 97 (OPAC: online public access catalogue), un catalogue en ligne permettant l’accès aux catalogues de ses principales collections à Londres et à Boston Spa, soit 150 millions de documents rassemblés depuis 250 ans. Catalogue expérimental, l’OPAC 97 est ensuite remplacé par sa version définitive, le BLPC (British Library public catalogue). Quant au catalogue de la Library of Congress, avec menus en anglais et en espagnol, il s’agit du plus important catalogue en ligne au monde, avec un grand nombre de notices en français.

Les catalogues collectifs visent à faire connaître les ressources disponibles à l’échelon local, régional, national et international. C'est le cas par exemple du Catalogue collectif de France (CCFr), mis en chantier en juillet 1997, qui permet de «trouver des informations détaillées sur les bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds (anciens, locaux ou spécifiques), connaître précisément les services qu’elles rendent et interroger leur catalogue en ligne». A terme, annonce-t-on en 1998, il permettra aussi de «localiser des ouvrages (documents imprimés, audio, vidéo, multimédia) dans les principales bibliothèques et demander le prêt ou la reproduction» de documents qui seront remis à l’usager dans la bibliothèque de son choix. C’est chose faite en novembre 2002. En juillet 2001, la gestion du CCFr est confiée à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Le CCFr regroupe les catalogues de la BnF et des bibliothèques universitaires, ainsi que les catalogues des fonds anciens (avant 1811) et locaux des bibliothèques municipales et spécialisées. En décembre 2006, le CCFr permet de localiser 15 millions de documents dans 160 bibliothèques françaises.

= WorldCat et RedLightGreen

L’internet facilite la gestion de catalogues collectifs mondiaux. Le but premier de ces catalogues est d’éviter de cataloguer à nouveau un document déjà catalogué par une bibliothèque partenaire. Si le catalogueur trouve la notice du livre qu’il est censé cataloguer, il la copie pour l’inclure dans le catalogue de sa propre bibliothèque. S’il ne trouve pas la notice, il la crée, et cette notice est aussitôt disponible pour les catalogueurs officiant dans d'autres bibliothèques. Ce pari osé est tenté par deux associations, l’OCLC (Online Computer Library Center) dès 1971 et le RLG (Research Libraries Group) dès 1980. Quelque trente ans plus tard, l’OCLC et le RLG gèrent de gigantesques bases bibliographiques alimentées par leurs adhérents, permettant ainsi aux bibliothécaires d’unir leurs forces par-delà les frontières.

Fondée en 1967 dans l’Ohio (Etats-Unis), l’OCLC gère l’OCLC Online Union Catalog, débuté en 1971 pour desservir les bibliothèques universitaires de l’Etat de l’Ohio. Ce catalogue collectif s’étend ensuite à tout le pays, puis au monde entier. Désormais appelé WorldCat, et disponible sur abonnement payant, il comprend en 1998 38 millions de notices en 370 langues, avec translittération pour les caractères non romains des langues JACKPHY (japonais, arabe, chinois, coréen, persan, hébreu et yiddish). L’accroissement annuel est de 2 millions de notices. WorldCat utilise huit formats bibliographiques correspondant aux catégories suivantes: livres, périodiques, documents visuels, cartes et plans, documents mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques. En 2005, 61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000 bibliothèques et centres de documentation sont disponibles dans 400 langues. En 2006, 73 millions de notices provenant de 10.000 bibliothèques dans 112 pays permettent de localiser un milliard de documents. Une notice type contient la description du document ainsi que des informations sur son contenu: table des matières, résumé, couverture, illustrations et courte biographie de l’auteur.

Devenue la plus grande base mondiale de données bibliographiques, WorldCat migre progressivement sur le web, d’abord en rendant la consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche (Yahoo!, Google et bien d’autres), puis en lançant en août 2006 une version web (bêta) de WorldCat en accès libre, avec en sus un accès direct aux documents électroniques des bibliothèques membres: livres du domaine public, articles, photos, livres audio, musique et vidéos.