Secteur numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des images et textes du 19e siècle francophone, «siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique». A l’époque, le serveur stocke 2.500 livres numérisés en mode image complétés par les 250 livres numérisés en mode texte de la base Frantext de l’INaLF (Institut national de la langue française). Classés par discipline, ces livres sont complétés par une chronologie du 19e siècle et des synthèses sur les grands courants en histoire, sciences politiques, droit, économie, littérature, philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose aussi un échantillon de la future iconothèque numérique, à savoir le fonds du photographe Eugène Atget, une sélection de documents sur l’écrivain Pierre Loti, une collection d’images de l’Ecole nationale des ponts et chaussées ayant trait aux grands travaux liés à la révolution industrielle en France, et enfin un choix de livres illustrés de la Bibliothèque du Musée de l’homme.
Fin 1997, Gallica se considère moins comme une banque de données numérisées que comme un «laboratoire dont l’objet est d’évaluer les conditions d’accès et de consultation à distance des documents numériques». Le but est d’expérimenter la navigation dans ces collections, en permettant aussi bien le libre parcours du chercheur ou du curieux que des recherches textuelles pointues.
Début 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la fin 1999, avec un accroissement rapide des collections ensuite. Sur les 100.000 volumes prévus, qui représenteront 30 millions de pages numérisées, plus du tiers concerne le 19e siècle. Quant aux 300.000 images fixes, la moitié appartient aux départements spécialisés de la BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies et médailles, etc.). L’autre moitié provient de collections d’établissements publics (musées et bibliothèques, Documentation française, Ecole nationale des ponts et chaussées, Institut Pasteur, Observatoire de Paris, etc.) ou privés (agences de presse dont Magnum, l’Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).
Par ailleurs, à la même date, le site bilingue français-anglais de la BnF est à la fois solidement ancré dans le passé et résolument ouvert sur l’avenir, comme en témoigne le menu principal de la page d’accueil, avec ses neuf rubriques: (1) nouveau (à savoir les nouvelles manifestations culturelles); (2) connaître la BnF; (3) les actualités culturelles; (4) les expositions virtuelles (quatre expositions en septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son temps, naissance de la culture française, tous les savoirs du monde); (5) des informations pratiques; (6) l’accès aux catalogues de la BnF; (7) l’information professionnelle (conservation, dépôt légal, produits bibliographiques, etc.); (8) la bibliothèque en réseau (Francophonie, coopération nationale, coopération internationale, etc.); (9) les autres serveurs (bibliothèques nationales, bibliothèques françaises, universités, etc.). Bien en vue sur la page d’accueil, un logo permet d’accéder à Gallica.
En mai 1998, la BnF revoit ses espérances à la baisse et modifie quelque peu ses orientations premières. Jérôme Strazzulla, journaliste au Figaro, explique dans l'édition du 3 juin 1998 que la BnF est «passée d’une espérance universaliste, encyclopédique, à la nécessité de choix éditoriaux pointus». Dans le même article, le président de la BnF, Jean-Pierre Angremy, rapporte la décision du comité éditorial de Gallica: «Nous avons décidé d’abandonner l’idée d’un vaste corpus encyclopédique de cent mille livres, auquel on pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous orientons aujourd’hui vers des corpus thématiques, aussi complets que possibles, mais plus restreints. (…) Nous cherchons à répondre, en priorité, aux demandes des chercheurs et des lecteurs.» Le premier corpus aura trait aux voyages en France, avec mise en ligne prévue en 2000. Ce corpus rassemblera des textes, estampes et photographies du 16e siècle à 1920. Les corpus envisagés ensuite auront les thèmes suivants: Paris, les voyages en Afrique des origines à 1920, les utopies, et les mémoires des Académies des sciences de province.
En 2003, Gallica rassemble 70.000 ouvrages et 80.000 images allant du Moyen-Age au début du 20e siècle, tous documents libres de droits. Mais, de l’avis de nombreux usagers, les fichiers sont très lourds puisque les livres sont numérisés en mode image, et l’accès en est très long. Chose tout aussi problématique, la numérisation en mode image n’autorise pas la recherche textuelle alors que Gallica se trouve être la plus grande bibliothèque numérique francophone du réseau en nombre de titres disponibles en ligne. Seule une petite collection de livres (1.117 livres en février 2004) est numérisée en mode texte, celle de la base Frantext de l'ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française, le laboratoire ayant succédé à l'INaLF), intégrée dans Gallica.
En février 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages. A la même date, la BnF annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse française parue entre 1826 et 1944, à savoir 22 titres représentant 3,5 millions de pages. Début 2006, les premiers journaux disponibles en ligne sont les quotidiens Le Figaro (fondé en 1826), La Croix (fondée en 1883), L'Humanité (fondée en 1904) et Le Temps (fondé en 1861 et disparu en 1942).
En décembre 2006, les collections comprennent 90.000 ouvrages numérisés (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d'heures de ressources sonores. Gallica débute la conversion en mode texte des livres numérisés en mode image afin de favoriser l'accès à leur contenu et leur indexation par les moteurs de recherche.
En novembre 2007, la BnF annonce la numérisation de 300.000 ouvrages supplémentaires d'ici 2010, à savoir 45 millions de pages qui seront accessibles sur son nouveau site Gallica2, simultanément en mode image et en mode texte.