Ces Mémoires furent entièrement terminés et donnés à M. le comte Arthur de Bouillé sur la fin du mois d'octobre 1821. Je croyois qu'ils seroient livrés sur-le-champ à l'impression, et j'avois quitté, pour les finir promptement, l'ouvrage intitulé les Dîners du Baron d'Holbach. M. de Bouillé eut en effet l'intention, comme il me l'avoit dit, de faire paraître ces Mémoires au mois de décembre prochain de cette même année 1821; mais il fut obligé de partir pour l'Auvergne; il comptait n'y rester que trois semaines; des affaires importantes le forcèrent d'y passer dix-huit mois, et les Mémoires restèrent dans son porte-feuille; leur rédaction précipitée m'avoit extrêmement fatiguée, car elle exigeoit un travail sans relâche, et j'avois cru devoir lire tous les ouvrages historiques relatifs à la Vendée. J'eus une fièvre cérébrale: à peine convalescente, j'achevai les Dîners du Baron d'Holbach. J'avais conservé un double de ma préface, que je lus à quelques amis; et comme il n'était plus question de l'impression des Mémoires, ils me conseillèrent, d'insérer le petit morceau sur le royalisme dans les Dîners du Baron, ce que j'ai fait, et ce qui tient tout au plus deux pages[1]. J'ai pensé qu'en faveur du sujet, on pouvoit se permettre cette petite et seule répétition.

[Note 1: Ces deux pages se trouvent sous une autre forme (en dialogue) dans les Dîners.]