Les journaux commencent à s'inquiéter sérieusement—il en est bien temps!—de ce qu'a bien pu devenir le général depuis une semaine.

Les bruits les plus contradictoires ont couru. On a parlé d'un voyage secret du général à Berlin, en vue de rassurer le nouvel empereur allemand sur ses intentions pacifiques. On a prétendu, d'autre part, que le général était compromis dans le drame de la Boissière, où son ami, le commandant Hériot, a été blessé d'un coup de feu et qu'il se cachait pour cela.

Le XIXe Siècle assure que le général a été aperçu à Agen, blessé à la jambe et voyageant en compagnie d'une dame très corpulente.

La Cocarde et la Presse déclarent qu'il a fait simplement un voyage à Auch.

Par contre, le Figaro d'hier annonce que, parti de Paris, gare d'Orléans, mardi dernier, au soir, il s'est rendu d'abord à Toulouse, puis en Auvergne chez un ami, dans un château aux environs de Thiers.

Un journaliste de Clermont est venu m'interviewer pour tâcher de me faire avouer qu'il était chez moi.

Je lui ai tenu le même langage qu'au commissaire de police, et j'ai ajouté en riant que le monsieur qui était descendu chez moi ressemblait si outrageusement au général que j'avais cru devoir lui conseiller de se faire couper la barbe s'il voulait éviter d'autres mésaventures.

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75.—Mardi 3 juillet.