Oui, qui donc?


118.—Mercredi 30 janvier.

J'ai reçu, sous pli recommandé, la lettre suivante:

«Mardi.

»Vous avez bien reçu ma dépêche, n'est-ce pas, ma bonne Meunière, et vous avez dû en être bien heureuse. C'est un beau succès, mais bien mérité!

»Enfin, c'est bien convenu et bien arrêté: nous partons après-demain soir, c'est-à-dire jeudi 31, par l'express de huit heures qui arrive, je crois, vers les cinq heures du matin à Clermont. Nous descendrons à Clermont. Que votre cocher soit à la sortie des voyageurs à nous attendre et pour nous conduire à sa voiture, que nous ne pourrions pas retrouver autrement. J'aurais voulu vous écrire plus longuement, mais j'ai peur du courrier et je veux que cette lettre parte sûrement aujourd'hui. Ne répondez pas, c'est plus prudent. Nous sommes sûrs que vous nous attendez et que tout sera bien fait. Je vous écrirai du reste encore demain.

»à vendredi et nos bonnes amitiés.»

Ne pas répondre!—J'ai eu des envies folles de lui écrire directement, à Lui, de lui dire: «Je vous en supplie, ne venez pas! Puisque vous n'avez pas voulu achever votre victoire d'un seul coup, tout au moins ne permettez pas à vos adversaires de la rendre stérile en se concertant, en se rassemblant pendant que vous serez au loin, dans les bras d'une femme!»

Mais, venant de moi, c'était inutile. Il ne m'aurait pas comprise...