»Nous n'oublions pas que nous devons aller nous reposer chez vous dans le mois prochain. Nous en parlons souvent et nous nous réjouissons à l'avance de ce grand plaisir.
»Écrivez-moi vite, ma bonne Meunière, et soyez sûre que nous vous affectionnons bien.»
Une seule ombre au tableau. Cette lettre confirme ce que je savais déjà par les journaux. Quand le général s'est présenté pour soutenir sa demande de divorce, invoquant comme grief le refus de sa femme de réintégrer le domicile conjugal, Mme Boulanger a trouvé cette déconcertante réponse: «Offrez-moi votre bras, Monsieur, et rentrons!»
Bref, la «certaine chose qu'on a dû remettre un peu...», c'est l'instance en divorce qui se trouve définitivement rejetée.
138.—Dimanche 31 mars.
Il court des bruits étranges. Le général aurait été indisposé, il se serait trouvé mal à un dìner en ville; il aurait souffert de douleurs telles qu'on a été obligé de le piquer à la morphine Les uns disent que le malaise est dû aux dìners trop répétés dans le grand monde. Les autres parlent d'empoisonnement... Grâce à Dieu, tous les journaux sont d'accord pour déclarer que le général est d'ores et déjà entièrement rétabli.
D'autres bruits courent, plus alarmants encore. L'arrestation du général serait imminente. M. Constans y serait absolument décidé et la chose s'effectuerait avant même le procès de la Ligue des Patriotes, qui doit commencer après-demain au tribunal correctionnel.
139.—Lundi 1er avril.