154.—Vendredi 9 août.
Toc! Toc! Toc!!! Les trois coups sont frappés, la comédie judiciaire commence. Devant la Haute-Cour de Justice assemblée sous la coupole du Luxembourg, M. le Procureur général Quesnay de Beaurepaire a commencé hier à lire son réquisitoire.
La lecture a duré pendant toute l'après-midi, et elle doit occuper sans doute encore deux grandes audiences.
155.—Samedi 10 août.
Hier, seconde audience de la Haute-Cour et suite de la lecture du réquisitoire.
De plus en plus instructif, ce réquisitoire! Ne m'a-t-il pas appris, à moi, que le M. Auguste, auquel Mme Marguerite m'avait écrit de télégraphier en janvier dernier, appartenait à la garde du corps du général,—une poignée de solides gaillards dont deux, à tour de rôle, surveillaient les abords de son hôtel, tandis que les autres se tenaient, en permanence, 14, rue Lapérouse?
Un bon point à M. le Procureur général pour la statistique si détaillée des lettres chargées que la poste a transmises à l'accusé Boulanger: 1.275 en seize mois!
M. Quesnay de Beaurepaire aurait bien dû, pendant qu'il y était, joindre celle de toutes les missives que la poste a oublié de transmettre... Il est vrai que cela aurait peut-être demandé une audience supplémentaire!