Le laissant ricaner tout à son aise, je suis ressortie. La rue était vide. Au bout d'un instant, j'étais au numéro 39, une grande et belle maison, tout à fait digne de Mme Marguerite. J'ai remis sa lettre après avoir causé avec la concierge assez longtemps pour être sûre que je ne commettais pas d'erreur sur la personne. Il n'y avait plus de temps à perdre: j'ai vite pris une rue conduisant à l'avenue des Champs-Élysées, où j'ai sauté dans une voiture—et, fouette, cocher, pour la gare de Lyon! à neuf heures du matin, je partais pour Clermont, et à sept heures du soir j'étais rentrée chez moi. Un chagrin m'y attendait: ma pauvre mère est bien mal.


CHAPITRE XIII

Du Retour au second Voyage de Jersey


178.—Vendredi 11 avril.

Faut-il que j'ai été angoissée par la crise que vient de traverser ma pauvre mère, pour avoir négligé jusqu'à ce jour de leur écrire! Je l'ai fait aujourd'hui, et je leur ai envoyé aussi de nos fruits confits d'Auvergne, surtout de ces cerises au sucre que Mme Marguerite aimait tant à croquer, aux jours, lointains déjà, où ils étaient mes hôtes.


179.—Vendredi 18 avril.

Je viens de recevoir la réponse de Mme Marguerite: