Il y aurait eu un soulagement, un sentiment de mieux dans les premiers jours de la semaine, et le général se serait repris à espérer. Mais, le mercredi, la malade a été saisie d'une sorte de vertige. On a appelé le médecin. En descendant, il a pris le général à part et lui a dit: «Préparez-vous, c'est fini.»
Le général n'a plus quitté le chevet de la mourante. Il est resté douze heures près d'elle, couvrant de baisers ces mains qui se glaçaient. Elle ne toussait plus. Elle s'assoupissait par instants, puis, soudain, s'éveillait. Ses yeux se tournaient alors vers lui, le fixant longuement, tandis que ses lèvres remuaient et voulaient parler. Mais elle n'eut la force de prononcer que deux paroles,—les dernières:
«à bientôt...»
La nuit tombait. La mourante entra en agonie. Sa poitrine se soulevait en un râle effrayant. L'écume lui montait aux lèvres.
Vers le milieu de la nuit, un peu de calme survint. Puis elle souleva légèrement la tête et entr'ouvrit la bouche, comme pour happer l'air. En même temps, ses yeux tournèrent...
Lui se jeta vers elle, l'appelant par son nom d'une voix désespérée. Mais déjà sa tête était retombée sur l'oreiller. Elle était morte.
...C'est demain, à deux heures, qu'auront lieu, à Bruxelles, le service et l'enterrement de Mme Marguerite, décédée le 16 juillet 1891, dans la trente-sixième année de son âge.
J'ai fait dire, ce matin, une messe basse pour le repos de son âme. Pendant que le prêtre officiait pour Elle, moi, je priais pour Lui...
217.—Dimanche 19 juillet.