Des pas approchaient, des gens venaient vers moi. Je me suis relevée et me suis mise à marcher à travers le cimetière. Du petit carrefour voisin de la tombe, j'ai contemplé la campagne, les vertes prairies pleines de troupeaux et, plus loin, la fraìche verdure printanière du bois de la Cambre. Le site était si champêtre et le petit cimetière si blanc, si propre, que l'aspect en était presque gai. Le soleil semait des étincelles sur la dorure des croix et sur le poli des granits.
Je revins vers leur sépulture pour lui jeter un dernier regard. On venait d'y toucher. Mes marguerites étaient maintenant dans l'intérieur de l'enclos et le bouquet jeté sur la pierre tombale en avait été retiré. J'ai pu alors la lire, scintillante sous le soleil, l'épitaphe qui clôt l'histoire des deux amants:
marguerite
19 décembre 1855
16 juillet 1891
à bientôt!
———
georges
29 avril 1837
30 septembre 1891
ai-je bien pu vivre deux mois et demi sans toi?
MONT-LOUIS.—CLERMONT-FERRAND
NOTE:
[1] Si je veux battre ma bourrique, Je trouverai bien toujours une trique.