Décidément, il doit y avoir sous tout ce mystère une conspiration! De plus en plus intriguée, je les sers à dìner et, entre temps, je réduis l'éclairage de l'escalier à une simple veilleuse et j'entr'ouvre la porte donnant sur le chemin de la Grotte.

Neuf heures.—Un bruit de roues sur la neige durcie. Je cours prévenir le général. Mais, déjà, enveloppé dans une pelisse, il est au pied de l'escalier.

Je distingue la silhouette du capitaine Driant qui vient de sauter à terre et tient la portière ouverte. Tandis que le général monte dans la voiture, j'y aperçois un autre personnage, une sorte de colosse aux hautes épaules, emmitouflé de fourrures...

La voiture repart aussitôt, au grand trot, dans la direction de la campagne.

C'est seulement vers onze heures qu'elle est revenue. Près de la porte entrebâillée, j'ai vu descendre le général et je lui ai entendu dire avec émotion:

«C'est le vrai langage d'un prince... Merci!»

à quoi l'autre, lui tendant la main, a répondu d'une voix étrange et profonde:

«à bientôt, Général... et à Paris!»

Pendant que la voiture s'ébranlait, le personnage en question a avancé la tête, et j'ai pu distinguer qu'il portait une épaisse barbe blonde.

...Un prince?—Un prince étranger, évidemment. Mais où donc ai-je vu cette figure barbue? car, il n'y a pas de doute, je l'ai aperçue quelque part!