39.—Dimanche 1er janvier 1888.
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Si le général fait comme moi, au premier janvier, l'inventaire de l'année écoulée, il doit se dire aujourd'hui que ses jours de l'an, à lui, diffèrent singulièrement.
Il y a deux ans, à pareille date, il n'était qu'un général de division à peu près inconnu.
Il y a un an, il était le Ministre de la Guerre à la mode, couru de tout Paris, fêté par la Presse, applaudi par la Chambre, vraie coqueluche de toutes les belles dames du monde, et idole de la foule qui l'acclamait éperdument dès qu'il se montrait à elle...
Aujourd'hui, le voilà simple commandant de corps d'armée, dans une ville de province qui n'est même pas une grande ville, à Clermont.
Bah! que lui importe! Son avenir militaire ne demeure-t-il pas intact et riche d'espoirs? Il a des préférences politiques, sans doute. Il en a peut-être trop... Mais il n'en reste pas moins le général populaire qui se tient au-dessus de tous les partis, le patriote qui porte une épée au côté pour le service de la France...
Quel magnifique rôle!
à condition que...