—...comme aujourd’hui.

—Merci, répliqua-t-il en souriant comme à l’ouïe d’une excellente plaisanterie.

Berthe lui tendit la main. Il la prit et la serra mollement, puis-celle de Fanny. Il les regarda encore l’une après l’autre, avant de se diriger vers la porte.

Quand il eut recouvré son ceinturon et son képi et que les deux sœurs furent auprès de lui dans le corridor, au fond duquel on apercevait la porte avec ses clefs et ses verrous, il dit encore:

—C’est tout pour aujourd’hui.

Et, sur ce mot, seul de tous ceux qu’il avait prononcés, à contenir un peu de ses intentions, il s’en alla.

La porte se referma sur lui avec ce son rassurant pour ceux qui viennent de mettre le danger dehors. Derrière, les deux sœurs se regardèrent.

—Il n’a rien dit! fit Berthe d’un ton de triomphe.

Fanny ne répondit pas. Aucune parole ne lui venait. C’était comme un rêve qui finissait, un rêve dont elle s’éveillait sans savoir ce qu’il fallait en conserver. Heureusement, Berthe pensait pour elle et possédait déjà une opinion définitive sur l’étourdissante aventure. Elle l’entraîna dans sa chambre et, sans la laisser se reprendre, commença son siège.

—Eh bien, en voilà une affaire! dit-elle en croisant dramatiquement les bras sur sa forte poitrine. J’en suis encore toute étremblée.