—Au revoir, monsieur.
Puis, la voix haute et claire:
—Venez-vous me conduire, Fanny?
Pour les deux qui restaient ce fut inattendu comme un mauvais rêve. Les fiancés étaient dehors qu’ils n’arrivaient pas à se rendre compte des paroles étonnantes et du coup d’audace qui les suivait.
Cependant, le couple s’éloignait dans la grande lumière dorée de l’après-midi. Silas n’avait pas osé offrir son bras comme il y songeait. Ils marchaient côte à côte, proches et, pourtant, séparés par l’éclat nouveau de ce coup d’Etat. Et il leur semblait qu’ils n’avaient plus rien à se dire.
Ils allèrent ainsi jusqu’à la barrière. Silas l’ouvrit, et ils furent sur la route blanche du plateau que l’instituteur allait suivre pour gagner Beuzeboc au plus court.
On aurait dit qu’une impossibilité physique les empêchait de parler l’un et l’autre. Enfin, Silas commença d’une façon incohérente qui n’était pas la sienne:
—Il ne sait pas.
Et Fanny, sans hésiter, elle qui hésitait toujours, répondit:
—Ah! il ne sait pas?