—Oui, affirma-t-il. Par moments, on dirait qu’il croit que c’est elle.

Elle ne répondit pas à cela. Elle venait de songer à ce premier jour où sa sœur était allée comme une Furie vers le soldat planté au bas du pré, et à ce qu’elle avait pu lui dire et dont elle ne lui avait jamais parlé, à elle, à cet air adouci qui paraissait parfois sur sa figure.

Sa mère? Non, non, même pour tout savoir, jamais Berthe n’aurait consenti à lui faire supposer cela. Elle se perdait dans ses pensées confuses. Et ce fut Silas qui reprit:

—Je l’ai questionné doucement, mais de façon à ce qu’il comprenne que vous m’aviez tout dit. Il n’est pas sot. Il a compris.

—N’est-ce pas? dit Fanny, avec une lueur de joie.

—C’était difficile à expliquer. Cela s’est fait à demi-mot et très rapidement. «Mon ami, lui ai-je dit, je suis ici pour aider ces dames. Vous tombez dans leur vie sans crier gare.»

«Il m’a répondu: «Oui, je sais bien, mais, moi aussi, j’en ai une situation qui n’est pas drôle. (Il a dit: «qu’est rêvable.») Que celle qui me doit quelque chose vienne m’établir. J’ai l’âge.»

—Il a dit ça?

—A peu près, c’est le sens.

Elle répéta: