Elle bégaya:

—Elevé comme lui, c’est justement!

«Il n’aurait pas dû être élevé comme ça! C’est moi, c’est moi...»

Elle ne put achever, les sanglots l’étouffaient. Sa pensée désolée lui disait: «Tu as perdu ta vie, perdu ton fils, et tu perds maintenant celui-ci qui te restait.» Elle savait qu’elle ne pouvait plus être touchante sous les larmes, que ce temps-là était passé pour elle. Et pourtant, elle pleurait toujours.

Par discrétion, il se détourna.

—Remettez-vous, je vous prie.

Il fit quelques pas sur le sentier. Alors, comme elle sentait la tempête diminuer, elle fit les gestes automatiques des femmes qui se rajustent et essuient sur leur visage la trace passionnée que personne ne doit voir. Sans mot dire, elle vint à côté de lui, et ils reprirent le sentier.

Mas ils ne savaient ni l’un ni l’autre où renouer la chaîne des paroles. Toutes celles qu’ils venaient de manier les brûlaient encore. Enfin, Fanny commença:

—Je vous ennuie: je... je suis ridicule...

Il protesta du geste.