Fanny marchait toujours, bercée par cette voix profonde qui devait avoir raison. Oui, c’était cela sans doute qu’il fallait faire, dans l’intérêt de tous, c’était même peut-être le devoir...
Elle dit, enfin:
—Vous croyez vraiment qu’il accepterait, et que je dois le faire?
—Mais, c’est certain, dit-il avec emphase, c’est l’évidence même.
Ils arrivaient à l’extrémité des fermes, et le chemin rural se changeait en sentier bordé de champs. Fanny s’arrêta.
—Il va falloir que je m’en retourne. Mais, il part ce soir. Comment m’y prendre?
Silas lui tendit la main.
—Laissez-moi tous vos ennuis. Je le ferai, moi.
Elle le regarda avec appréhension.
—Mais, comment?