Contes Choisis

Par Mark Twain
Traduits de l’anglais par
Gabriel de Lautrec
et précédés d’une étude sur l’humour

Paris
Nelson, Éditeurs
189, rue Saint-Jacques
Londres, Édimbourg et New-York
A
HENRY GAUTHIER VILLARS
HOMMAGE CORDIAL
G. L.

Pages
[Mark Twain et l’humour][9]
[Ma montre][21]
[Le grand contrat pour la fourniture du bœuf conservé][27]
[Une interview][37]
[Rogers][45]
[L’infortuné fiancé d’Aurélia][53]
[Madame Mac Williams et le tonnerre][59]
[Notes sur Paris][69]
[L’article de M. Bloque][73]
[Un roman du moyen âge][79]
[Un rêve bizarre][91]
[Sur la décadence dans l’art de mentir][105]
[Le marchand d’échos][115]
[Histoire du méchant petit garçon][125]
[Histoire du bon petit garçon][131]
[Sur les femmes de chambre][139]
[La grande révolution de Pitcairn][143]
[Comment je devins directeur d’un journal d’agriculture][161]
[Le meurtre de Jules César en fait divers][169]
[La célèbre grenouille sauteuse du comté de Calaveras][177]
[Réponses à des correspondants][187]
[L’histoire se répète][193]
[Pour guérir un rhume][195]
[Feu Benjamin Franklin][201]
[L’éléphant blanc volé][207]
[Madame Mac Williams et le croup][237]
[Histoire de l’invalide][247]
[Nuit sans sommeil][257]
[Les faits concernant ma récente démission][265]
[Économie politique][275]

INTRODUCTION
MARK TWAIN ET L’HUMOUR

Il y a longtemps que le nom de Mark Twain est célèbre en France, et que ce nom représente ce que nous connaissons le mieux de l’humour américain. D’autres écrivains du même genre, Arthemus Ward, par exemple, ont eu grand succès chez leurs concitoyens et en Angleterre, mais leur plaisanterie est trop spéciale pour nous toucher. Ou bien elle consiste en jeux de mots véritablement intraduisibles dans notre langue, et dont toute la saveur nous échapperait. Ou bien leur verve s’exerce sur des sujets usuels, familiers aux Américains, qui saisissent immédiatement l’allusion, laquelle demeure une lettre morte pour nous. L’humour de Mark Twain est plus accessible. Ses plaisanteries sont d’un intérêt plus général. Leur sel touche notre langue. Comme tous les grands écrivains, il a su devenir universel tout en demeurant national. Par les sources où il a puisé son humour, par la peinture qu’il nous présente d’une société, d’une époque, et de mœurs déterminées, par la tournure d’esprit et par l’interprétation, il est en effet profondément et intimement américain.