—«Que diable se passe-t-il?»

L’embrasure était pleine de têtes de gens. Les têtes étaient pleines d’yeux qui regardaient avec stupeur mon accoutrement belliqueux.

Je laissai tomber la cloche, sautai tout honteux en bas de la chaise et dis:

—«Il n’y a rien du tout, mes amis; seulement un peu de trouble causé par l’orage. J’essayais d’écarter la foudre.»

—«Un orage?... La foudre?... Quoi donc, monsieur Mac Williams, avez-vous perdu l’esprit? Il fait une superbe nuit d’étoiles. Pas l’ombre d’un nuage dans le ciel.»

Je regardai au dehors, et fus si surpris que je fus un moment sans pouvoir parler.

—«Je n’y comprends rien, dis-je enfin. Nous avons vu distinctement la lueur des éclairs à travers les volets et les rideaux, et entendu le tonnerre.»

Tous les assistants, successivement, tombèrent de rire sur le sol. Deux en moururent. Un des survivants remarqua:

—«Il est malheureux que vous n’ayez pas songé à ouvrir vos jalousies et à regarder là-bas, au sommet de cette colline. Ce que vous avez entendu, c’est le canon. Ce que vous avez vu, ce sont les feux de joie. Il faut vous dire que le télégraphe a porté quelques nouvelles ce minuit. Garfield est élu. Voilà toute l’histoire.»

Enfin, monsieur Twain, comme je le disais au début, ajouta M. Mac Williams, les moyens de se préserver d’un orage sont si efficaces et si nombreux que l’on ne pourra jamais me faire comprendre comment il peut y avoir au monde des gens qui s’arrangent pour être foudroyés.