—«O Mortimer, voilà bien autre chose! Le petit Georges Gordon est pris.»

—«Le croup?»

—«Le croup.»

—«Y a-t-il quelque espoir?»

—«Plus au monde le moindre espoir. Hélas! que va-t-il advenir de nous?»

A ce moment, on apporta la petite Pénélope pour nous souhaiter la bonne nuit, et faire sa prière comme de coutume aux genoux de sa mère. Au milieu du «maintenant, mon Dieu, je vais m’endormir», elle toussa légèrement. Ma femme eut une secousse comme quelqu’un frappé d’un coup mortel. Mais une minute après, elle était debout, toute pleine de l’activité que la terreur inspire.

Elle commanda que le petit lit de l’enfant fût porté de la nursery dans notre chambre. Elle-même surveilla l’exécution. Je dus l’accompagner, naturellement. Elle fit faire au plus vite. Un lit pliant fut mis pour la bonne dans le cabinet de toilette. Mais soudain Mme Mac Williams s’aperçut que nous serions trop loin de l’autre bébé. Qu’arriverait-il, s’il avait les symptômes pendant la nuit? A cette pensée, la pauvre femme repâlit.

Nous reportâmes donc le lit de l’enfant et celui de la bonne dans la nursery, et nous installâmes un lit pour nous-mêmes dans une chambre voisine.

Après cela, Mme Mac Williams supposa que le bébé attrapait le croup de Pénélope. Cette pensée frappa son âme d’une terreur nouvelle. Toute la tribu dut s’empresser pour enlever le lit de la nursery, pas assez vite pour la satisfaire quoiqu’elle aidât elle-même à l’ouvrage, et mît presque le petit lit en pièces dans sa frénétique fureur.

Nous redescendîmes, mais en bas il n’y avait pas de place pour la bonne, et Mme Mac Williams dit que l’expérience de cette personne nous était d’un secours inestimable. Nous retournâmes donc, armes et bagages, à notre chambre une fois de plus. Et nous eûmes une grande joie, comme des oiseaux ballottés par la tempête qui ont retrouvé leur nid.