C’était si beau, si bien raconté, si impressionnant que les larmes lui vinrent aux yeux ; puis il se dit : De tout ceci, il ressort que Lord Berkeley est mort et mort glorieusement. Dieu ait son âme ! Cela adoucira le chagrin de mon père ; maintenant je n’ai plus à rechercher le prétendant américain. Rien ne pouvait mieux servir mes intérêts. Je n’ai qu’à prendre un autre nom et à me créer une nouvelle vie. Je respire maintenant ; je suis un homme libre, un homme comme les autres ; par mes propres moyens, par eux seuls, je me créerai une situation, ou je sombrerai, si je suis incapable de m’élever au-dessus de mes semblables. Je célèbre aujourd’hui le plus beau jour de ma vie ; je marche la tête haute, le front droit ; je suis un homme !
CHAPITRE VIII
— Dieu me bénisse, Hawkins !
Le colonel laissa tomber le journal qu’il tenait convulsivement entre ses doigts.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Disparu !! Le jeune et charmant héritier d’un nom illustre, disparu dans les flammes qui lui assurent une gloire immortelle !
— Mais qui ?
— Mon précieux, très précieux parent Kircudbright Llanover Marjoribanks Sellers, vicomte Berkeley, héritier des usurpateurs des Rossmore.
— Non !
— C’est vrai, parfaitement vrai !