Et il se dit à lui-même, en suivant des yeux l'ombre de la silhouette : « Adieu, mon ami, adieu pour tout de bon, Flint Buckner ! Tu as traité ma mère de... c'est très bien, mais rappelle-toi que tu fais aujourd'hui ta dernière promenade ! »

Il rentra, sans se presser, à la taverne, en se faisant cette réflexion : « Il est un peu plus de minuit, encore une heure à attendre ; nous la passerons avec les camarades... ce sera fameux pour l'alibi. »

Il introduisit Sherlock Holmès dans la salle de billard qui était comble de mineurs, tous impatients de le voir arriver. Sherlock commanda les boissons, et la fête commença. Tout le monde était content et de bonne humeur ; la glace fut bientôt rompue. Chansons, anecdotes, boissons se succédèrent (les minutes elles aussi se passaient).

A une heure moins six la gaieté était à son comble :

Boum ! un bruit d'explosion suivi d'une commotion.

Tous se turent instantanément. Un roulement sourd arrivait en grondant du côté de la colline ; l'écho se répercuta dans les sinuosités de la gorge et vint mourir près de la taverne. Les hommes se précipitèrent à la porte, disant :

— Quelque chose vient de sauter.

Au dehors une voix criait dans l'obscurité :

— C'est en bas dans la gorge, j'ai vu la flamme.

La foule se porta de ce côté : tous, y compris Holmès, Fetlock, Archy Stillmann. Ils firent leur mille en quelques minutes. A la lumière d'une lanterne, ils reconnurent l'emplacement en terre battue où s'élevait la hutte de Flint Buckner ; de la cabine elle-même, il ne restait pas un vestige, pas un chiffon, pas un éclat de bois. Pas trace non plus de Flint. On le chercha tout autour ; tout à coup quelqu'un cria :