Au moment du départ de ma lettre.
Sophie va mieux, Aline est fatiguée; elle a eu hier un peu de migraine, on a obtenu d'elle d'aller se coucher: Eugénie lui a promis de veiller Sophie comme elle même. Madame de Blamont est agitée; c'est madame de Senneval et moi qui tenons la maison et qui vaquons à tout.—Aline ne veut pas que je cachette sans te prouver par deux lignes, que son indisposition n'est rien.
Aline à Valcour.
P.S. Que d'événemens!... Que de soupçons!... Que de conjectures!... Ah! si le ciel a choisi cette manière pour nous éclairer, il ne laissera pas son ouvrage imparfait! Puisse tout ceci tourner à notre bonheur, sans troubler celui de l'être à qui je dois le jour. Son repos m'est plus cher que ma satisfaction même, et je ne dois jamais cesser de le respecter. Adieu, soyez tranquille, écrivez-nous, et comptez sur la tendresse de votre Aline, elle sera toujours inexprimable.
Notes:
[4] «Le premier besoin est de vivre, l'art qui nourrit les hommes est le premier des arts.» BÉLISAIRE, cap. 12.
[5] C'est ici comme dans bien d'autres passages, que nous supplions nos lecteurs de ne pas perdre de vue que cet ouvrage s'écrivait un an avant la révolution.