[16] Il est vraisemblable que ce peuple tient cette exécrable coutume, de ses voisins les Hottentots, où elle est générale; une chose plus singulière est que le capitaine Cook l'ait trouvée dans plusieurs de ses découvertes, et particulièrement à la nouvelle Zélande.

[17] La bravoure et la férocité ont un sens où elles peuvent se confondre. En quoi consiste la bravoure? à étouffer les sentimens naturels, qui nous portent à notre conservation; dans la férocité, il s'agit de la conservation des autres; mais le mouvement est toujours d'étouffer la loi naturelle, on a donc eu tort de dire, qu'un homme féroce n'était jamais brave; le courage, à le bien prendre, n'est qu'une sorte de férocité, et ne peut être compris, philosophiquement parlant, que dans la classe des vices; nos seuls préjugés en font une vertu; mais nos préjugés sont toujours bien loin de la nature.

[18] Le rival de Dieu est peint sous l'emblème du serpent: nous savons l'histoire du serpent d'airain, chez les juifs; le culte du serpent, en un mot, est universel; l'instrument que nous employons dans nos églises, sous cette forme, est un reste de cette idolâtrie.

[19] Ce peuple n'est pas le seul dominé par cette opinion; un des personnages de la scène entrera bientôt dans un plus grand détail sur ces usages. Nous y renvoyons le lecteur.

[20] Voici sans doute l'endroit où Sarmiento doit, suivant ce qu'il a dit, contrarier ses principes; car nous avons vu et nous verrons encore qu'il est bien loin d'être le partisan de l'égalité, il arrive souvent que pour étayer un système, quand on le discute avec un homme prévenu, on est obligé de donner entorse à quelqu'un de ses principes, pour mieux convaincre l'adversaire en parlant de ses moeurs ou des opinions qu'il a. Il est clair que c'est ici l'histoire du Portugais.

[21] A combien peu d'années seroit réduit le temps de cette fertilité, si l'on avoit, en supposant la femme grosse tous les ans, retranché les neuf mois, où quelque semence que le champ reçoive, il ne peut plus cependant rapporter; la fertilité de la femme qu'on suppose, ne s'entendroit plus qu'à 80 mois sur 70 ans. Quelle preuve de plus pour l'assertion.

[22] Voyez Plutarque, vie de Solon et de Licurgue.

[23] «Quant aux peines infligées contre l'ennemi des plaisirs purs et chastes de la nature, elles doivent dépendre du caractère de la nation que gouverne le législateur; sans cela, la loi qui protège les moeurs peut devenir aussi dangereuse que leur infraction.» Philosophie de la Nature, tome I, page 267.

[24] Les rigueurs théocratiques étayent toujours l'aristocratie; la religion n'est que le moyen de la tyrannie, elle la soutient, elle lui prête des forces. Le premier devoir d'un Gouvernement libre, ou qui recouvre sa liberté, doit être incontestablement le brisement total de tous les freins religieux; bannir les Rois, sans détruire le culte religieux, c'est ne couper qu'une des têtes de l'hydre; la retraite du despotisme est le parvis des temples; persécuté dans un État, c'est-là qu'il se réfugie, et c'est de là qu'il reparaît pour renchaîner les hommes quand on a été assez mal-adroit pour ne pas l'y poursuivre en détruisant et son perfide asyle et les scélérats qui le lui donnent.

[25] La racine de l'igname est longue d'un pied et demi dans les bonnes terres; elle se plante en Décembre: on connaît sa maturité lorsque ses feuilles se flétrissent: on la coupe en morceaux, on la mange rôtie sur la braise; ou bien on la fait bouillir avec de la chair salée; elle sert quelque fois de pain: on en fait aussi des bouillies agréables; les nègres en font du langou et du pain.