«Je voudrais pouvoir citer M. Sade; il a bien assez d'esprit, de raisonnement, d'érudition, mais ses infâmes écrits le font rejeter d'une secte (athéiste) où l'on ne parle que de vertu.»

Il paraît que dans sa jeunesse Sade était possesseur d'un physique séduisant: «il avait la figure ronde, les yeux bleus, les cheveux blonds et frisés. C'était ce qu'on appelle un joli homme.» (Paul Lacroix.)

Un auteur allemand qui a pris la peine de donner une analyse abrégée de Justine et de Juliette, imprimée en 1874 (in-12º, 166 p.) s'exprime ainsi:

«Sa figure était charmante et lorsqu'il n'était qu'un enfant, toutes les dames qui le rencontraient s'arrêtaient pour le regarder. Il mettait dans ses moindres mouvements une grâce parfaite, et sa voix harmonieuse pénétrait jusqu'au fond du cœur de toutes les femmes. Dès sa première jeunesse, il se livra aux lectures les plus étendues, et il conçut un système basé sur les principes de l'épicuréisme; il ne négliga point les beaux-arts; il était excellent musicien, danseur habile, fort à l'escrime, et il consacra quelques moments à la sculpture. Amateur fervent de la peinture, il passait des journées entières dans les galeries de tableaux et surtout dans celle du Louvre[18].» Tout cela est de la fantaisie.

Parmi les auteurs qui ont parlé de Sade, on peut signaler Mercier, Nouveau Tableau de Paris et Arsène Houssaye, Notre-Dame de Thermidor, ainsi que Michelet, Histoire de la Révolution tome VI chap. 7, les Mœurs en 94, de Maxime Du Camp (Paris, sa vie et ses organes t. V. les Prisons.)

Nous avons sous les yeux un Catalogue de livres rares et curieux. (Milan Dumolard frères, 1880, 8º, 427 p.) rédigé par M. Jacques Piazzoli; il y est question de Sade, p. 394-396, «l'un des fous les plus extraordinaires et en même temps les plus repoussants.» Après avoir indiquée divers ouvrages où il est fait mention du marquis M. Piazzoli ajoute: «Si le temps nous le permettra (sic) nous publierons un (sic) étude physiologique (sic) sur cet homme et ses ouvrages.»

Quand à la réimpression faite en 1834 (Paris marchand de nouveautés), in-12 de la notice de Jules Janin et de celle du bibliophile Jacob, M. Piazzoli regarde l'une comme sans valeur, l'autre comme incomplète. La bibliographie jointe à ce petit volume est très inexacte, le portrait est de fantaisie.

Un écrivain français, établi en Allemagne et auquel on doit des écrits remarquables. Ch. de Villers (voir l'article intéressant que lui a consacré la Biographie Universelle) inséré en 1797, dans le Spectatus du Nord. (journal imprimé à Hambourg) une lettre sur Justine; ce morceau enfoui dans une publication fort oubliée, a été exhumé et reproduit à Paris. (J. Baur. in-16. 37 pages 150 ex.) avec un avant-propos signé a. p.-m. (Auguste Poulet-Malassis).

Circonstance notable: cette lettre est adressée à une dame qui avait ordonné à Villers de lire l'œuvre de Sade et de lui en rendre compte.

«Vingt fois le dégoût et l'indignation m'ont fait tomber le livre des mains; sa trop grande célébrité me l'a toujours fait reprendre.