Il s'y trouvait au moment de la Révolution de 1830. Le 2 août, à 3 heures du matin, il quittait cette ville et se dirigeait sur Orléans, croyant que le roi, en se retirant par Rambouillet, prenait cette route pour aller à Tours, s'appuyer des dispositions du Midi et surtout de la Vendée, et que là il se réunirait à lui.
Dès le lendemain, apprenant l'abdication du roi et son départ pour
Cherbourg, M. de La Tour du Pin résolut de gagner sa propriété du
Bouilh, près de Saint-André-de-Cubzac, d'où il envoya, en guise de
protestation, la lettre suivante à la Chambre des pairs:
«À Monsieur Pasquier,
«Président de la Chambre des pairs,
«Saint-André-de-Cubzac (Gironde), le 14 août 1830.»
«Monsieur le chancelier,
«J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien faire connaître à la Chambre des pairs, officiellement, que ma conscience et ma raison se refusent également à admettre la vacance du Trône dans la personne de M. le duc de Bordeaux, et qu'en conséquence, je ne prêterai pas le serment qu'on me demande, parce qu'il est directement contraire à celui que j'ai déjà prêté.
«J'ai l'honneur, etc., etc.»
Le président de la Chambre des pairs donna, dans la séance du 21 août, lecture de cette lettre, qui fut insérée dans le Moniteur du 22.
Les événements du mois d'août mettaient également fin à la mission dont
M. de La Tour du Pin était chargé auprès du roi de Sardaigne. Libre
ainsi de toute occupation, il passa tranquillement, dans sa terre du
Bouilh, la fin de l'année 1830.