Quelques pourparlers furent nécessaires, rue de Satory, pour faire fléchir la consigne, le médecin interdisant sa porte les jeudis. Cependant, dès que sa carte eut été transmise au docteur, Mlle Airvault fut introduite dans le cabinet de consultations. M. Davier se leva pour la saluer et abrégea, d’un geste, les excuses.
— Non, Raymonde ! Vous ne me dérangez jamais, parce que je sais que vous ne venez pas ici sans raison sérieuse. Qu’est-ce qui vous amène aujourd’hui à Versailles ?
— Un billet, écrit sous la dictée de Philomène Pradin, qui, étant au plus mal (ces mots sont soulignés), demande instamment à me parler.
La face pâlie et amaigrie du docteur parut s’amenuiser encore ; ses yeux se voilèrent.
— Ce n’est pas moi qui l’ai soignée, murmura-t-il. J’ignorais qu’elle fût à cette extrémité.
— J’ai reçu aussi une lettre de maman, contenant des nouvelles importantes qu’elle me prie de vous transmettre. Le mystère dont s’enveloppait le décès de mon père est en passe de s’éclaircir.
Brièvement, la jeune fille relata l’histoire, en lui donnant pour conclusion la pensée exprimée par Madeleine.
— Dieu merci ! mon pauvre père ne sera plus insulté, dans sa tombe, par des conjectures mensongères. S’il en était ainsi de toutes les erreurs dont il fut victime ! Mais la justice d’En-Haut prend heure, tôt ou tard !
Davier baissa les paupières et ne répondit rien. Raymonde, avec rapidité, pour éviter à son tuteur une perte de temps, transmettait les remerciements de Mme Airvault, la joyeuse espérance inspirée par le projet de Marly…
— Comme elle sera contente, en recevant ma lettre, qui se croise avec la sienne et qui lui apprendra l’heureuse solution ! Ah ! que de gratitude s’ajoute à tout ce que nous vous devons.