« Je veux t’aimer, je te le jure !
« Reçois mon cœur, il est à Toi ! »
La voix pure s’élève avec éclat, puis se ralentit dans une ineffable douceur en proférant le solennel engagement. Raymonde, saisie, éperdue, tremble de tous ses membres. Ses lèvres sèches peuvent à peine balbutier :
— Que signifie ?… Veux-tu dire que ?… Non ! ce que je pense est fou ! Explique toi-même !
Évelyne se retourne, sereine.
— Ce que tu penses doit être ce qui est vrai !
— Mais ton père ? Sait-il ?…
— Pendant que j’étais malade, je lui ai révélé mes intentions.
Interdite au point de rester sans parole, Raymonde Airvault contemple, avec une sorte de pitié craintive, celle qui renonce pour jamais aux terrestres espoirs dont elle-même serre avidement la gerbe sur son cœur enivré.
— La Part de Marie ! dit Évelyne en souriant.