— Oh ! Philo ! que c’est aimable à vous de venir me voir ! Je l’écrirai à maman ! Comment allez-vous ?
— Bien mieux ! Et Très-Petit aussi ! Il est remis des misères de la mue, et il chante à réjouir tout le quartier.
Raymonde, à ce moment, reconnaissait Mme Davier et ébauchait une révérence incertaine. Fulvie tourna le dos et entraîna Évelyne, dès que celle-ci apparut. Aussitôt qu’elles furent en tête-à-tête dans le train, la jeune femme donna libre cours à sa colère.
— Décidément, la présence de votre Airvault attire, à la pension, des personnes bien vulgaires ! Je n’en fais pas compliment à Mlle Duluc !
Évelyne avait à peine eu le loisir d’entrevoir la « personne vulgaire » qui causait avec Raymonde. Cependant, toujours dominée par le désir d’une entière sincérité, la fillette ne voulut pas feindre l’ignorance.
— J’ai cru apercevoir Philomène, fit-elle craintivement. Est-ce d’elle que vous parlez ?
— De qui serait-ce ? répliqua presque brutalement Mme Davier. Pensez-vous que j’aie lieu d’être contente ? Cette maudite vieille a trouvé un prétexte pour se rapprocher de vous et vous empoisonner de son venin !
Évelyne éleva la main pour un serment solennel.
— Je vous jure, maman, que je ne lui ai jamais parlé depuis que je suis ici. Comment cela pourrait-il se faire ? Elle n’est pas inscrite sur ma liste.
— Objection sans valeur ! Elle peut vous faire communiquer tout ce qui lui plaira par cette petite bohémienne !