Mon mal, comme vn torrent, pour vn temps retenu,

Renversant tout obstacle, est plus fier devenu.

Or puis-que ma douleur n’a pouvoir de se taire,

Et qu’il n’est ni desert, ni rocher solitaire,

A qui de mon secret ie m’osasse fier,

Et que jusqu’à ce point ie me dois oublier,

Que de dire ma peine en mon cœur si contrainte,

A vous seule, en pleurant, j’addresse ma complainte ;

Aussi puis-que vostre œil m’a tout seul asservy,

C’est raison que luy seul voye comme ie vy,