—Le pauvre homme!
C'est un esclave encore. Et qui d'ailleurs ne ménage guère le premier. Il en fait une caricature:
—M. Fabre dit dans sa note qu'il était indigné. Je ne m'en suis pas aperçu, non plus que de ses scrupules. Il est toujours un peu vibrant. A l'audience, quand il parle, je voudrais lui souffler: «Calmez-vous donc!»
Lui, il a trouvé tout si simple! Un jour, le procureur général, qui représente l'intérêt public, et l'avocat Maurice Bernard, qui représente l'intérêt de Rochette, se sont trouvés d'accord pour la remise de l'affaire; alors il s'est accommodé à l'avis de ces messieurs. Et pourtant, quel ennui c'était pour lui de déranger son tableau d'ordre! quel tracas, quel surcroît de complications!
—Je n'ai pas envisagé ce qu'était Rochette, je ne m'en soucie pas, je ne sais pas s'il a fait des opérations frauduleuses. Je ne sais pas non plus ce qu'ont voulu MM. Caillaux et Monis. C'est de la politique. La politique n'a pas pour moi d'importance.
On lui montre qu'il n'est plus d'accord avec ses déclarations de la première enquête.
—C'est que je ne voulais pas contredire M. le Procureur général!
Il a beaucoup de succès. Comme un auditoire varie! Tout à l'heure on savait mauvais gré à M. Fabre de ses humiliations, celles de M. Bidault de l'Isle enchantent.
Un autre mot de lui qui soulève une vive satisfaction, c'est quand il déclare avec autorité d'un de ses confrères (d'ailleurs justement estimé):
—Ah! M. Le Poittevin! Il est si fort qu'en huit jours il a fait un volume.