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P.-S.—L'après-midi fut indigne d'une si heureuse matinée. Nous n'avions aucune grosse pièce à notre tableau. Des magistrats, des liquidateurs, à qui nous demandions vainement où en étaient les affaires de Rochette au moment de la remise exigée par Caillaux et Monis. Avez-vous pu trouver trace de subventions données à des hommes puissants qui auraient agi sur les ministres?
A ces questions intéressantes, nous n'avons obtenu aucune réponse notable. Et pourtant, aujourd'hui que la véracité du document est certaine, il faut nous en tenir là, revenir devant la Chambre en affirmant la forfaiture des ministres, ou bien obtenir (mais où?) des réponses à cette question que tout homme de bon sens se pose: Pourquoi voulait-on servir Rochette? que craignait-on de lui? qu'espérait-on de lui?
Toute cette affaire est inexplicable s'il n'y a pas quelque grand secret à son origine. Il faut chercher cui prodest et se souvenir qu'un escroc ne réussit qu'autant qu'il intéresse à ses escroqueries quelques personnages puissants.
V
LES ANIMAUX MALADES
DE LA PESTE
(Écrit le mercredi soir 25 mars 1914.)
Aujourd'hui, c'est la quadruple confrontation: Monis, Caillaux, Fabre, Maurice Bernard. La plus brillante rencontre de la saison, comme on dit dans les journaux sportifs.
On installe ces messieurs protocolairement: Monis et Caillaux, aux tables d'honneur, MM. Fabre et Maurice Bernard, en lapins, aux deux bouts de notre fer à cheval.
Le président.—Vous jurez de dire toute la vérité?