—Eh bien! vous allez faire merveille pour sauver votre ami? disais-je à un radical.
—Mon ami! Ah! croyez-moi, je m'en f.... de Caillaux. Je vous jure que je ne sais plus ni son nom, ni son prénom: je ne connais que mon parti. (Lisez: ma réélection).
Nous étions à deux doigts d'une débâcle des radicaux, dans une atmosphère de sauve-qui-peut.
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* *
Le second jour, je pris la parole. Voici mon discours[ [1]:
[1] D'après l'Officiel du samedi 4 avril.
«Messieurs, je faisais partie de la commission d'enquête; je ne me suis pas rangé dans sa majorité, je réclame des poursuites judiciaires. Je ne puis pas m'associer aux conclusions de mes honorables collègues.
»Pourquoi?
»Parce que je n'y retrouve pas la réalité que, pendant dix jours, j'ai vu défiler sous mes yeux. Les conclusions de la commission sont à la fois incomplètes et amoindries.
»Elles sont incomplètes. Je vous prierai, par exemple, de vous reporter à la page 161 du compte rendu sténographique. Vous verrez qu'elles ne font aucune allusion à un incident demeuré mystérieux et qui est singulièrement étrange.