Nadar, dans un profil croqué,
M'a manqué,
Landelle m'a fait endormi,
A demi;
Biard m'a produit éveillé,
A moitié;
Le seul Giraud, d'un trait rapide,
Intrépide,
Par amour de la vérité,
M'a fait stupide.
Que pourra pondre dans ce nid
Gavarni?
La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce qui nous donne la date du morceau. Tous ces portraits ont été gravés à l'exception de deux: celui de Giraud, charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888 à l'Exposition des Maîtres français de la Caricature, et celui de Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre, la spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de retrouver.
XI
NAPOLÉON
«Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire....
Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en 1856 et qui semble avoir été inspirée au poète par la vue d'une peinture ou d'une sculpture représentant un soldat blessé, étendu aux pieds d'une Victoire.
Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé également à Napoléon, subsiste aussi, qui commence par ces mots: «Oh! d'ennemis sans foi....»
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Je noterai encore quelques brouillons se rattachant à des pièces publiées et qui présentent des variantes avec le texte imprimé, pour Les Marrons du Feu (deux fragments), Le Saule (deux), La Coupe et les Lèvres (quatre, dont l'un porte le titre de Brandel, et qui ne sont pas les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus); Rolla (un); quelques phrases inédites de la Confession d'un Enfant du Siècle, dont un passage est publié dans le supplément du Figaro du 14 mai 1887; cinq plans ou divisions de scènes différents pour Lorenzaccio[82]; deux projets d'un nouveau dénoûment du Chandelier, faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un commencement d'étude en prose Sur Léopardi, qui est publié en vers et terminé sous le titre de Après une lecture; un sonnet Au Rhin; un fragment de poème dramatique en trois chants, L'Oubli des Injures, dont plusieurs passages se retrouvent dans La Coupe et les Lèvres; un autre fragment en vers, qui est un dialogue entre Rolla et le Grand-prêtre, sans titre; une première version du Sonnet au Lecteur de 1850; d'autres fragments inédits des stances Sur la Paresse, de la chanson Les Filles de Cadix, de Louison, de Carmosine, de Faustine et du Songe d'Auguste.
Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred de Musset, que des ébauches (les Deux Magnétismes; deux Lettres à Buloz, inachevées, l'une sur les réformes théâtrales, l'autre sur les «voleurs de noms»; cette seconde lettre est le dernier morceau en prose sorti de la plume d'Alfred de Musset. Un Thé; une Comédie sous le règne de Louis XV, sans titre; A Mme ***, sur le suicide; Adolphe, etc...); des essais de tournures de phrases, des fragments de poésies où le sens finit au milieu d'un vers inachevé, où les vers s'arrêtent avant le sens (Sur Grévedon, A Mme Ristori, Conte en vers se passant en Limagne, A Willa, A un jeune peintre, etc...); des lignes de prose qui n'ont ni commencement ni fin (Sur la Guerre d'Orient, Sur la Visite de la Reine d'Angleterre, etc...), débris qui ne peuvent figurer dans les œuvres de l'écrivain.