L'Artiste, du 15 juin, paraphrasant les formules officielles, annonce qu'en vertu du décret: «Ote-toi de là que je m'y mette, un grand citoyen, rédacteur de La Réforme, est autorisé à prendre les trois mille francs que touchait M. Alfred de Musset».

Le Charivari, du 15 juin, sous le titre de: «Une destitution anti-littéraire», constate que les hommes du nouveau gouvernement mettent à bas tous ceux qui ont un renom, pour les remplacer par des gens obscurs, leurs créatures.

Pamphlet quotidien illustré, 15 juin.—«M. Alfred de Musset persistait, malgré le décret du gouvernement provisoire qui supprime les titres de noblesse, à conserver son nom patronymique en se parant de l'infâme particule. La place de ce factieux de lettres a été accordée à un écrivain aussi remarquable par l'éclat de son talent que par la persistance de ses opinions démocratiques..... Il est vrai que M. Alfred de Musset avait eu le tort d'écrire des chefs-d'œuvre; M. Augier (Marie) n'a aucun tort de ce genre à se reprocher: il appartient à La Réforme».

Mais la dernière phrase de l'article de La Providence du 12 juin avait vexé M. Marie Augier, qui adressa cette lettre au directeur:

«Au citoyen Rédacteur de La Providence,

«Citoyen Rédacteur,

«Si l'on en croit l'article que vous publiez ce matin, je suis nommé bibliothécaire du Ministère de l'Intérieur, aux lieu et place de M. Alfred de Musset.

«Je n'ai nullement connaissance de cette nomination; je ne l'ai point sollicitée, et, n'étant point nommé, je n'ai rien à refuser.

«Vous demandez ce que c'est que M. Marie Augier?

«Dans une république, citoyen, non seulement on peut, mais on doit demander aux hommes qui ils sont. C'est seulement sous une monarchie qu'on demande ce que ils sont.