LES PORTRAITS
Il est une petite pièce de vers, écrite en 1854, qu'on chercherait en vain dans les dix volumes de ses Œuvres complètes et que nous citons page 205 de ce livre, dans laquelle Alfred de Musset fait lui-même la critique des portraits qui le représentent. Plusieurs sont omis, des meilleurs. Cependant, elles ne sont pas aussi nombreuses qu'on pourrait le croire, les reproductions des traits de l'auteur des Nuits. Je ne parle ni des caricatures ni des charges, non plus que de ses portraits quand il était enfant, figures qui n'ont d'autre mérite que celui de la curiosité ou de la rareté. Tous les portraits d'Alfred de Musset se rapportent à quatre types, dessinés, peints ou sculptés du vivant du poète par David d'Angers, Eugène Lami, Charles Landelle et Gavarni; lesquels, après 1857, ont servi de modèles à ceux, peintres ou sculpteurs, qui ont voulu le représenter. Je ferai remarquer que ce sont les portraits les plus ressemblants qui sont les moins connus.
VAN BRÉE
1814.
Portrait à l'huile, dont l'original est au musée Carnavalet. La sœur du poète, Mme Lardin de Musset, en possède une copie exacte, cadre et toile.
Alfred de Musset a trois ans; c'est un bébé tout rose, avec de jolis cheveux blonds qui tombent en boucles sur ses épaules. Dans la clairière d'un bois, il est assis sur une grosse pierre, au bord d'un ruisseau, les pieds dans l'eau, retenant avec ses mains, le long de sa poitrine, sa petite chemise qui glisse et le laisse presque nu. A ses côtés est une grande épée «pour se défendre contre les grenouilles» qui le regardent curieusement.
Gravé à l'eau-forte par Lalauze, en 1891, et joint à l'édition du conte d'Alfred de Musset La Mouche, publiée à la librairie Ferroud. (1 vol. in-8o.)