—Et ce sont ces lettres que possédaient les frères Varin?
—Oui.
—M. Andermatt le sait donc?
—Il ne les a pas vues, mais Alfred Varin lui en a révélé l'existence, le menaçant de les publier si mon mari agissait contre eux. Mon mari a eu peur... il a reculé devant le scandale.
—Seulement, il a tout mis en œuvre pour leur arracher ces lettres.
—Il a tout mis en œuvre... du moins, je le suppose, car, à partir de cette dernière entrevue avec Alfred Varin, et après les quelques mots très violents par lesquels il m'en rendit compte, il n'y a plus eu entre mon mari et moi aucune intimité, aucune confiance. Nous vivons comme deux étrangers.
—En ce cas, si vous n'avez rien à perdre, que craignez-vous?
—Si indifférente que je lui sois devenue, je suis celle qu'il a aimée, celle qu'il aurait encore pu aimer;—oh! cela, j'en suis certaine, murmura-t-elle d'une voix ardente, il m'aurait encore aimée, s'il ne s'était pas emparé de ces maudites lettres...
—Comment! il aurait réussi... Mais les deux frères se défiaient cependant?
—Oui, et ils se vantaient même, paraît-il, d'avoir une cachette sûre.