—C'est une simple supposition, n'est-ce pas? M. Andermatt ne vous a rien dit?
—Non.
—Son attitude vis-à-vis de vous ne s'est pas modifiée? Il ne vous a pas paru plus sombre, plus soucieux?
—Non.
—Et vous croyez qu'il en serait ainsi s'il avait trouvé les lettres! Pour moi il ne les a pas. Pour moi, ce n'est pas lui qui est entré ici.
—Mais qui alors?
—Le personnage mystérieux qui conduit cette affaire, qui en tient tous les fils, et qui la dirige vers un but que nous ne faisons qu'entrevoir à travers tant de complications, le personnage mystérieux dont on sent l'action visible et toute-puissante depuis la première heure. C'est lui et ses amis qui sont entrés dans cet hôtel le 22 juin, c'est lui qui a découvert la cachette, c'est lui qui a laissé la carte de M. Andermatt, c'est lui qui détient la correspondance et les preuves de la trahison des frères Varin.
—Qui, lui? interrompis-je, non sans impatience.
—Le correspondant de l'Écho de France, parbleu, ce Salvator! N'est-ce pas d'une évidence aveuglante? Ne donne-t-il pas dans son article des détails que, seul, peut connaître l'homme qui a pénétré les secrets des deux frères?
—En ce cas, balbutia Mme Andermatt, avec effroi, il a mes lettres également, et c'est lui à son tour qui menace mon mari! Que faire, mon Dieu!